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À Port-Jérôme, le benzène augmente, un point de mesure doit disparaître

Malgré une hausse du benzène en 2025, l'arrêt des prélèvements au point n° 13 de Port-Jérôme a été décidé. Les salariés du bâtiment concerné ont été déplacés.

Illustration - installations industrielles de Port-Jérôme

À Port-Jérôme-sur-Seine, les salariés d’un bâtiment industriel ont été déplacés après plusieurs années de surveillance du benzène dans l’air. Au point n° 13, la concentration moyenne annuelle a pourtant augmenté entre 2024 et 2025. L’arrêt des prélèvements à ce point a été décidé pour 2026, avec l’accord de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Normandie.

Cette décision figure dans le bilan 2025 publié par Atmo Normandie le 13 octobre. Le document apporte une conclusion rassurante pour les habitants des environs du Havre et de Port-Jérôme : aucun dépassement des valeurs sanitaires de référence n’a été relevé pour les trois polluants étudiés. Mais il raconte aussi comment les industriels et l’État ont géré une exposition particulièrement localisée.

Un point de mesure qui se détache nettement des autres

Le point n° 13 est situé dans la zone industrielle de Port-Jérôme. Sa concentration moyenne de benzène en 2025, estimée à partir de quatre campagnes de prélèvement, atteint environ 20 microgrammes par mètre cube (µg/m³), contre 14,05 en 2024 et 12,53 en 2023.

L’écart avec les alentours est spectaculaire. Sur les cinq points de surveillance situés dans les zones habitées autour des deux bassins industriels, les moyennes annuelles restent inférieures à 2 µg/m³, l’objectif français de qualité de l’air pour le benzène.

Au point n° 13, les quatre campagnes de 2025 montrent cependant une baisse progressive : environ 40 µg/m³ en février, 25 en mai, 10 en septembre et 5 en fin d’année. La moyenne annuelle reste supérieure à celles des trois années précédentes.

Atmo identifie une source potentielle à proximité : la station de traitement des eaux usées de North Atlantic. D’autres installations pourraient également contribuer aux concentrations mesurées. Leur part respective n’est pas établie.

Les émissions recherchées, les travailleurs déplacés

Un groupe de travail réunissant des entreprises de la zone industrielle a été constitué dès 2022 pour identifier les émissions et chercher à les réduire.

Il a également décidé de déplacer le personnel du bâtiment concerné. L’opération, commencée en 2024, s’est achevée en 2025.

La surveillance industrielle distingue deux populations. Les habitants vivent à l’extérieur des installations ; les « travailleurs tiers » sont les salariés d’entreprises voisines, susceptibles de respirer les émissions d’un autre industriel. Les points situés dans les zones industrielles sont placés en limite de propriété : les concentrations relevées ne correspondent pas nécessairement à l’exposition réelle de ces travailleurs.

Lorsque ces salariés quittent le bâtiment concerné, ils ne sont plus exposés à cet endroit, même si les concentrations dans l’air n’ont pas nécessairement diminué.

Après ce déplacement, le groupe de travail, avec l’accord de la Dreal, a décidé d’arrêter les mesures au point n° 13 en 2026. La surveillance des deux bassins industriels se poursuit ailleurs.

Le déplacement supprime l’exposition des salariés concernés à cet emplacement. L’arrêt des prélèvements en découle, mais il entraîne aussi une perte d’information : les campagnes ultérieures ne permettront plus de suivre l’évolution du benzène précisément à cet endroit.

Sous les valeurs sanitaires, mais selon quelle référence ?

En 2024, l’Anses a révisé la valeur toxicologique utilisée pour apprécier le risque cancérogène du benzène chez les travailleurs tiers. La concentration de référence correspondant au scénario d’exposition retenu est passée de 4,5 à 73 µg/m³.

Le point n° 13, qui dépassait l’ancienne référence, s’est ainsi retrouvé sous la nouvelle sans que sa concentration ait diminué. Les valeurs de référence servent à évaluer un risque selon une durée d’exposition donnée. Pour un cancérogène sans seuil comme le benzène, elles ne constituent pas une frontière entre absence de risque et danger.

Le bilan 2025 comporte aussi une amélioration mesurée au Havre. Pour l’acrylonitrile, dont les concentrations avaient dépassé la référence sanitaire sur un site industriel en 2024, Atmo relève les niveaux les plus faibles depuis le début du suivi, après la réparation d’une unité défaillante. Le 1,3-butadiène présente quelques hausses ponctuelles, sans dépassement de référence.

La surveillance repose sur quatre campagnes d’environ quatorze jours par an, conduites à différents endroits des deux bassins. Elle permet de comparer les expositions et d’identifier des anomalies, sans observer chaque émission en continu.

À Port-Jérôme, cette surveillance aura notamment conduit au déplacement du personnel d’un bâtiment. Au point n° 13, où le benzène atteignait encore environ 20 µg/m³ en moyenne en 2025, l’arrêt des prélèvements a été décidé pour 2026.

Sources consultées
  1. Atmo NormandieMesures du 1,3-butadiène, du benzène et de l'acrylonitrile dans l'air ambiant au niveau des zones industrielles du Havre et de Port-Jérôme, campagnes mutualisées 2025, PI_2026_04
  2. Atmo NormandieMesures du 1,3-butadiène, du benzène et de l'acrylonitrile dans l'air ambiant, campagnes mutualisées 2024, PI_2025_05_V02
  3. Atmo NormandieRapport de cadrage, mesures du 1,3-butadiène, du benzène et de l'acrylonitrile, 1140-018-C
  4. Atmo NormandieZI du Havre et Port-Jérôme : aucune valeur élevée en COV dans l'air ambiant