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Au Madrillet, des machines pour voir l’invisible et tester le monde réel

À Saint-Étienne-du-Rouvray, le Village des sciences du Madrillet ouvre au public des laboratoires où chercheurs et ingénieurs observent la matière et testent les technologies.

Illustration - laboratoire scientifique

Du 8 au 10 octobre, le campus du Madrillet à Saint-Étienne-du-Rouvray ne montre pas seulement des expériences scientifiques au public. Il ouvre les portes d’un endroit où l’on fabrique et utilise des instruments capables de répondre à une question simple mais difficile : comment mesurer ce que l’œil humain ne peut pas voir ?

C’est cette capacité particulière qui donne son intérêt au Village des sciences du Madrillet. Pendant trois jours, 55 rendez-vous permettent de découvrir des laboratoires, des plateformes d’essais et des équipements utilisés par des chercheurs et des ingénieurs.

Le symbole le plus fort est une machine développée en partie à Rouen : la sonde atomique tomographique. Développée au Groupe de physique des matériaux (GPM), elle permet de reconstruire en trois dimensions la composition d’un matériau jusqu’à l’échelle des atomes.

Cette technologie répond à un problème concret de la recherche et de l’industrie : comprendre précisément pourquoi un matériau possède certaines propriétés, ou pourquoi il échoue. Pour cela, il faut pouvoir observer les défauts, les mélanges d’éléments ou les transformations internes qui restent invisibles avec des méthodes classiques.

L’histoire est ancienne. Le GPM a participé au développement des premières sondes atomiques françaises dans les années 1970, puis a continué à faire évoluer ces instruments, notamment avec des systèmes utilisant des lasers ultrarapides. Aujourd’hui encore, le laboratoire travaille sur des outils de pointe pour caractériser la matière.

Cette culture de l’instrumentation traverse le campus. Au CESI, les visiteurs pourront voir des robots mobiles, des cobots ou encore Spot, le robot quadrupède de Boston Dynamics. Au CEVAA, ils pourront découvrir comment des produits sont soumis à des essais acoustiques, vibratoires ou mécaniques avant d’être utilisés dans l’industrie.

Ces activités racontent une même histoire : l’innovation dépend souvent d’outils capables de mesurer, reproduire ou tester un phénomène avant de pouvoir transformer une idée en produit ou en procédé. Une voiture, un avion, un composant électronique ou un nouveau matériau progressent aussi grâce aux instruments qui permettent de vérifier ce qui fonctionne.

Le Village des sciences ne présente donc pas une collection de promesses technologiques. Il donne accès à des instruments de recherche, des plateformes d’essais et des méthodes utilisées aujourd’hui par des chercheurs et des ingénieurs.

Le Village des sciences permet exceptionnellement au public d’entrer dans cet univers. Les visiteurs pourront découvrir les équipements du campus du jeudi 8 au samedi 10 octobre. L’accès est gratuit, avec réservation nécessaire pour certains rendez-vous : le programme complet et les inscriptions sont disponibles sur le site de la Fête de la science Normandie.

À Saint-Étienne-du-Rouvray, une partie de la recherche locale se raconte donc par ses machines : celles qui regardent les atomes, mesurent les vibrations ou donnent aux robots les moyens d’agir.

Sources consultées
  1. Fête de la science NormandieVillage des sciences de Rouen — Le Madrillet
  2. Groupe de Physique des MatériauxInstrumentation Scientifique
  3. CNRSInscription de la collection « Sonde atomique » au titre des Monuments Historiques
  4. CESI RouenFête de la Science : CESI met l’innovation et la technologie à la portée de tous