
Lundi soir, la Grand-chambre du Parlement de Normandie, aujourd’hui salle d’assises du palais de justice de Rouen, parlera prison. À Dieppe, cinq personnes autour d’une table auront trente minutes pour résoudre des énigmes et mener une enquête. Même rendez-vous, mais deux manières de faire sortir le droit de ses textes et de ses audiences ordinaires.
La Nuit du Droit est organisée autour du 4 octobre, anniversaire de la Constitution de 1958. Cette année, le 4 tombant un dimanche, les manifestations ont été décalées au lundi 5 octobre. En Seine-Maritime, les deux tribunaux ont choisi des formats qui demandent davantage au public que de venir écouter une présentation.
À Rouen, « Voyage au bout de la prison » suivra ce qui arrive au droit une fois les portes de la détention franchies. De 18 h 30 à 20 h 30, magistrats, avocat, administration pénitentiaire, Défenseur des droits, universitaire et service pénitentiaire d’insertion et de probation aborderont notamment les conditions de détention, les libertés fondamentales, le contentieux disciplinaire, l’application des peines et la préparation de la sortie.
L’intérêt tient à la réunion, dans la même salle, de professionnels qui interviennent à des moments différents de la peine : certains la prononcent ou l’aménagent, d’autres organisent la détention, défendent les personnes détenues ou veillent au respect de leurs droits. Le public pourra ensuite échanger avec eux. La soirée est gratuite, sur réservation obligatoire, dans la limite de 180 places. La réservation se fait directement par courriel. La page officielle ne précise pas combien de places restent disponibles.
À Dieppe, le tribunal a choisi le jeu. Entre 18 h et 20 h, « Sous surveillance » place les participants en équipes de cinq. Ils disposent de trente minutes pour résoudre des énigmes, mener l’enquête puis passer par des ateliers consacrés aux règles de droit et aux libertés fondamentales. Une pièce d’identité est demandée pour entrer dans le tribunal. Les inscriptions devaient être effectuées avant le 28 septembre.
À Rouen, la justice se laisse questionner à travers un sujet où les rôles et les intérêts peuvent diverger fortement. À Dieppe, elle devient quelque chose que l’on manipule : une règle à identifier, une liberté à comprendre, un raisonnement à construire.
Dans la Grand-chambre de Rouen comme autour des énigmes de Dieppe, le public n’y vient pas seulement regarder fonctionner la justice : à Rouen, il peut l’interroger ; à Dieppe, il doit raisonner avec ses règles.