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Du Havre à l’Espagne, un conteneur de vanille mène à 2,4 tonnes de méthamphétamine

Le contrôle au Havre d’un conteneur venu du Mexique a conduit les enquêteurs jusqu’à un laboratoire clandestin en Espagne et à la saisie de 2,4 tonnes de méthamphétamine.

Illustration - Conteneur et flacons d’arôme de vanille

Début juin, l’analyse de risque menée par les douaniers du port du Havre conduit au contrôle d’un conteneur arrivé du Mexique et destiné à l’Espagne. À l’intérieur, près de 12,7 tonnes d’arôme artificiel de vanille. Le liquide est analysé : de la méthamphétamine y a été dissoute.

La Douane française, qui vient de détailler l’opération, indique que cette découverte a lancé une enquête menée avec les services espagnols. Plutôt que de s’arrêter au conteneur, les enquêteurs suivent le chargement jusqu’en Espagne et identifient le lieu où la drogue doit être extraite du liquide, purifiée puis cristallisée.

Le 10 juillet, sept perquisitions sont menées dans les provinces de Barcelone, Lleida et Tarragone. Treize personnes sont interpellées. Les policiers saisissent 2,4 tonnes de méthamphétamine, dont 1,6 tonne encore dissoute dans l’arôme de vanille, et démantèlent un laboratoire clandestin de récupération de la drogue. Douze suspects sont placés en détention provisoire. Le ministère espagnol de l’Intérieur précise que l’enquête s’est inscrite dans une décision européenne d’enquête émise par les autorités judiciaires françaises, avec une opération conjointe de la Policía Nacional et de l’OFAST français.

Pourquoi ce chargement destiné à l’Espagne a-t-il été contrôlé au Havre ? Parce que sa destination finale ne retire rien au rôle du port comme point d’entrée dans l’Union européenne. La Commission européenne indique que les douanes du premier point d’entrée doivent effectuer une analyse de sécurité et de sûreté sur les marchandises, quelle que soit leur destination dans l’UE. Les cargaisons sont ainsi sélectionnées selon des critères communs de risque. La Douane précise que cette analyse a précédé le contrôle du conteneur au Havre.

Le volume explique le recours au ciblage. HAROPA PORT a traité 3,2 millions d’EVP sur l’axe Seine en 2025. La surveillance d’un tel flux ne repose pas sur l’ouverture systématique des conteneurs, mais sur la sélection des cargaisons à contrôler, puis sur la capacité à partager l’information et à poursuivre l’enquête lorsque le risque dépasse le port lui-même.

L’opération de juin montre comment ces fonctions s’enchaînent. La première se joue sur les quais du Havre, lorsqu’une cargaison apparemment commerciale est sélectionnée et analysée. La seconde commence lorsque le contrôle devient une enquête transfrontalière. Ici, le conteneur n’était pas destiné à la Seine-Maritime. C’est pourtant au Havre que la cargaison a été repérée et contrôlée, avant que l’enquête ne conduise jusqu’au laboratoire espagnol.

Sources consultées
  1. Direction générale des douanes et droits indirectsDe la Polynésie au Havre, les douaniers français mobilisés face à la recrudescence des saisies de méthamphétamine
  2. Ministerio del Interior espagnolDesarticulada una rama del Cártel Jalisco Nueva Generación dedicada al tráfico de metanfetamina diluida en líquido de vainilla
  3. Commission européenneCustoms Risk Management Framework
  4. HAROPA PORTTrafics records et report modal en croissance en 2025 sur l’axe Seine