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Après Lubrizol, les contrôles industriels ont changé de méthode en Seine-Maritime

La Seine-Maritime a enregistré 714 inspections d’installations classées en 2025, contre 486 en 2018. Depuis Lubrizol, les contrôles sont aussi devenus plus ciblés.

Illustration - Inspection d’un site industriel

Sept ans après l’incendie de Lubrizol et de NL Logistique à Rouen, le contrôle industriel a nettement changé d’échelle en Seine-Maritime. La DREAL y a mené 714 inspections d’installations classées en 2025, contre 486 en 2018 et 677 en 2024. Quatre postes d’inspecteurs ont également été ajoutés dans le département depuis l’accident.

Mais l’évolution ne tient pas seulement au nombre de visites. Les inspections périodiques des sites à risques sont désormais complétées par des campagnes ciblées sur des fonctions précises : maintenance des équipements, maîtrise des risques, installations électriques, exercices de crise ou capacité à effectuer rapidement des prélèvements après un accident. Les sites Seveso seuil haut sont contrôlés au moins une fois par an, certains jusqu’à cinq ou six fois ; pour les Seveso seuil bas, la fréquence minimale est d’une inspection tous les trois ans.

Les contrôles menés en 2025 montrent ce que cette méthode cherche à détecter. Lors d’une campagne normande consacrée au vieillissement des installations dans la chimie, le raffinage, les déchets ou les dépôts pétroliers, les inspecteurs ont relevé sur certains sites des contrôles incomplets, des fréquences réglementaires non respectées, des résultats insuffisamment analysés ou des défauts restés sans correction. La DREAL indique que certains de ces écarts ont conduit à des pertes de confinement.

Depuis Lubrizol, l’attention s’est aussi portée sur les premières heures suivant un accident. Les exploitants de sites Seveso doivent prévoir comment identifier les substances en cause et organiser rapidement les prélèvements destinés à mesurer les retombées environnementales. Seize inspections sur ce thème étaient programmées en Seine-Maritime en 2025. Les résultats publiés pour cette campagne sont nationaux : moins de 20 % des établissements contrôlés étaient conformes sur tous les points examinés, et 26 % seulement des plans vérifiés intégraient correctement les dispositions nécessaires aux premiers prélèvements.

Ces contrôles ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer l’évolution globale de la sécurité industrielle. Les 714 inspections ne correspondent pas à 714 établissements différents, puisqu’un même site peut être contrôlé plusieurs fois, et les 73 mises en demeure prononcées en Seine-Maritime en 2025 ne se comparent pas mécaniquement aux 97 de 2024 : le contenu et le ciblage des inspections changent.

Depuis 2019, les moyens de l’inspection ont été renforcés et les contrôles vérifient plus directement le fonctionnement des protections, leur entretien et la préparation à l’accident. En Seine-Maritime, les 714 inspections de 2025 ne correspondent donc pas seulement à davantage de visites. Elles servent aussi à vérifier ce qui se passe lorsqu’un équipement se dégrade, qu’une protection ne fonctionne pas comme prévu ou qu’un accident impose de mesurer rapidement ses conséquences.

Sources consultées
  1. DREAL NormandieSept ans après l’incendie de Lubrizol - NL Logistique : point de situation sur la prévention et le contrôle des sites industriels
  2. Préfecture de la Seine-MaritimeSix ans après l'incendie de Lubrizol - NL Logistique : point de situation sur les normes et contrôles