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À Penly, l’EPR2 construit déjà son marché du travail

À Dieppe, le recrutement du 17 septembre révèle l’ampleur du dispositif local de formation et d’emploi déjà déployé autour du chantier EPR2 de Penly.

Illustration - chantier EPR2 de Penly

Jeudi 17 septembre, place du Puits-Salé à Dieppe, France Travail organise une matinée consacrée aux métiers du génie civil de l’EPR2 de Penly. Terrassiers, conducteurs d’engins ou canalisateurs font partie des profils recherchés dans les premières phases. Les candidats peuvent s’inscrire à la matinée sur France Travail.

Ce rendez-vous arrive au moment où Penly change d’échelle. En juin, l’État comptait 1 300 salariés présents sur le chantier et environ 700 personnes recrutées, intérimaires actifs compris. Parmi elles, 300 avaient suivi une formation spécifique. Les premiers travaux de génie civil souterrains commencent, tandis que le terrassement, le déroctage de la falaise et l’extension de la plateforme en mer ont fortement avancé.

Les chiffres montrent aussi pourquoi le recrutement ne se résume pas aux offres d’EDF. À fin avril, le baromètre socio-économique recensait 454 recrutements en CDI, CDI de chantier ou CDD, dont 49 % en emploi local. Le chiffre de 700 publié ensuite inclut notamment les intérimaires actifs et correspond à un état plus récent. Autour d’EDF travaillent les titulaires de grands marchés, leurs sous-traitants, les agences d’intérim et les organismes de formation.

L’échelle à venir explique cette organisation. Eiffage doit réaliser le génie civil principal des deux EPR2, soit 69 ouvrages pour un marché supérieur à 4 milliards d’euros. Le groupe prévoit jusqu’à 4 000 personnes mobilisées au plus fort de cette seule partie du chantier. Penly doit accueillir deux réacteurs d’environ 1 670 MW chacun, les premiers du programme EPR2, avec une mise en service visée à l’horizon 2038.

Une offre actuellement publiée par EDF montre comment se fabrique aussi l’expérience nécessaire. Un poste de chargé d’affaires en génie civil et VRD, ouvert à partir de bac +2/+3, prévoit un an à Penly, puis 12 à 24 mois sur l’EPR britannique d’Hinkley Point C avant un retour en Seine-Maritime. Le chantier anglais sert ainsi directement au transfert de savoir-faire vers le premier chantier EPR2 français.

L’objectif est également de conserver une part des marchés dans la région. À fin avril, près de 125 millions d’euros avaient été versés à des entreprises normandes depuis 2020 et celles-ci avaient remporté 84 % des marchés de site attribués en 2026. Ce chiffre concerne les marchés du chantier, pas les dépenses quotidiennes des salariés, mais il donne déjà une mesure de l’économie qui se construit autour de Penly.

Le même jeudi, à 19 heures, Dieppe-Maritime, la Ville et EDF réuniront les commerçants et artisans à la base vie d’Eiffage, rue de Stalingrad. L’agglomération explique vouloir les aider à anticiper l’arrivée de plusieurs milliers de salariés dans les prochaines années. Aucun détail n’est encore publié sur les secteurs commerciaux ou les besoins qui seront abordés. Après les routes, hébergements et équipements préparés autour de Penly, la montée en charge du chantier conduit désormais les acteurs locaux à préparer aussi l’économie ordinaire de Dieppe.

Sources consultées
  1. Préfecture de la région NormandieActualités du Grand Chantier EPR2 de Penly
  2. EDF / Grand Chantier EPR2Baromètre socio-économique EPR2 de Penly
  3. EiffageRéacteurs EPR2 de Penly
  4. Fédération régionale des travaux publics NormandieCellule emploi formation EPR2 Penly
  5. EDFChargée/Chargé d'affaires Génie Civil / VRD (EPR2)
  6. EDFRéunion d'information Commerçants et artisans