
Il a plu de nouveau en Seine-Maritime, mais la sécheresse n’est pas terminée. Dans son bilan publié le 8 septembre, l’État constate une stabilisation des cours d’eau après les précipitations récentes, tandis que les nappes restent insuffisamment rechargées. Cette différence compte particulièrement ici : 100 % de l’eau potable du département est prélevée dans les nappes souterraines.
Le sous-sol explique une bonne partie de la situation. À l’exception du Pays de Bray, les rivières seinomarines sont directement liées à la nappe de la craie, qui soutient leur débit. Or les nappes se rechargent surtout entre septembre et mars. Après une recharge insuffisante pendant l’automne et l’hiver 2025-2026, puis un printemps sec et chaud, leur niveau a continué de baisser pendant l’été. Quelques jours pluvieux peuvent donc faire remonter ou stabiliser une rivière sans reconstituer rapidement la réserve souterraine.
Cette sécheresse reste très inégale selon les bassins. La nappe est basse autour de Motteville, modérément basse dans plusieurs secteurs de l’est et proche de la moyenne ailleurs. Les débits de la Bresle, de l’Yères et du Bray sont toutefois classés « exceptionnellement secs », une situation qui ne survient statistiquement que tous les dix à vingt ans. L’Andelle reste « très sèche ».
Les conséquences sont désormais mesurables. Dans la Bresle, l’Yères et le Bray, l’alimentation en eau potable fait l’objet d’une surveillance particulière, même si aucune conséquence sanitaire n’a été constatée sur l’eau distribuée. Certaines productions agricoles, notamment les légumes, l’herbe, le maïs fourrage et les pommes de terre non irriguées, enregistrent jusqu’à 30 % de pertes de rendement. Depuis le 10 août, le SDIS a aussi recensé plus de 400 départs de feu dans des espaces naturels, agricoles ou forestiers, plus du double d’une moyenne annuelle.
Au 9 septembre, les restrictions mises en place cet été dans le Bray et la Bresle étaient toujours en vigueur. La Bresle était en alerte renforcée, avec un objectif de réduction de 50 % des prélèvements. L’Yères-Eaulne et le Bray étaient en alerte, avec un objectif de 30 %. Ces limitations concernaient particuliers, collectivités, agriculteurs et industriels.
Le département avait déjà engagé une réponse de long terme avant l’été 2026. Un Plan départemental de l’eau est en préparation depuis 2023 pour sécuriser l’alimentation en eau potable face au changement climatique. Des études de « volumes prélevables » sont aussi engagées sur l’Yères, la Bresle, le Cailly-Aubette-Robec et le Commerce, afin de déterminer les volumes pouvant être prélevés dans chaque bassin sans installer durablement un déséquilibre entre usages et ressource.
L’été 2026 donne à ces travaux une traduction immédiate. Dans la Bresle, l’Yères et le Bray, la sortie de la sécheresse hydrologique dépend désormais moins de la prochaine averse que du retour durable de l’eau dans le sous-sol.
Sources consultées
- DREAL NormandieSécheresse en Seine-Maritime : bilan, impacts et mesures pour préserver la ressource en eau
- Préfecture de la Seine-MaritimeComité départemental de l'eau
- Préfecture de la Seine-MaritimeComité de ressource en eau de la Seine-Maritime du 2 juin : tout le département placé en état de vigilance
- Préfecture de la Seine-MaritimeLe Plan départemental de l’eau