
Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 septembre, le bilan du déraillement du TER Rouen-Caen à Cléon reste de 44 blessés parmi 186 voyageurs. La passagère de 18 ans la plus gravement touchée est toujours hospitalisée, mais le procureur de Rouen indique désormais que les craintes pour sa vie ou une infirmité grave sont écartées. Trois autres personnes étaient encore hospitalisées samedi en milieu d’après-midi, sans gravité, tandis que les autres blessés avaient pu rentrer chez eux.
Pour les voyageurs, la perturbation se prolonge dimanche matin. À 1 heure, SNCF Connect n’affichait aucun train direct de Rouen à Caen avant 17 h 05. Les trois trajets proposés plus tôt passent par Paris et durent entre 4 h 25 et 5 h 05, contre 1 h 41 pour le premier direct affiché en fin d’après-midi. Le plan de transport pouvant encore évoluer, les voyageurs ont intérêt à consulter les horaires Rouen-Caen actualisés avant leur départ.
L’avancée principale concerne désormais le mécanisme de l’accident. Lorsque La Clé Publique faisait un premier point vendredi soir, la cause était inconnue. Le parquet indique depuis qu’un morceau provenant d’un autre rail, présent sur la voie, pourrait avoir provoqué le déraillement. C’est désormais son hypothèse principale sur le mécanisme de l’accident.
Ce constat ne dit toujours pas comment ce morceau est arrivé là. Samedi soir, après une journée d’investigations, le procureur Sébastien Gallois a précisé qu’aucun élément nouveau n’avait permis d’en déterminer l’origine. Il a surtout recadré les spéculations apparues dans la journée : à ce stade, l’enquête ne permet pas d’établir qu’une personne aurait délibérément placé cet élément pour faire dérailler le TER, et encore moins de parler d’attentat.
Les enquêteurs doivent encore établir le rôle exact du morceau de rail dans la sortie de voie et comprendre son origine. Ce second point permettra de déterminer s’ils se trouvent devant un événement accidentel, une anomalie liée à l’infrastructure ou un acte volontaire.
Les opérations de police technique et scientifique sur le site ont été achevées samedi après-midi. Plusieurs auditions ont déjà eu lieu, de nombreuses autres sont prévues dimanche et la boîte noire de la rame a été saisie. Un expert judiciaire avait également été requis par le parquet.
La procédure judiciaire a aussi une conséquence directe sur la remise en état de la ligne. Samedi après-midi, SNCF Réseau indiquait encore attendre que le parquet lui rende la zone avant de pouvoir inspecter l’infrastructure et organiser le relevage du train. Le parquet a depuis annoncé la fin des constatations de police technique, mais aucune confirmation publique plus récente de la restitution complète du site à SNCF Réseau n’avait été trouvée dans la nuit.
Pour les 186 voyageurs qui se trouvaient à bord, les suites ne sont pas uniquement techniques. L’association d’aide aux victimes AVEDE ACJE, requise par le parquet, doit contacter individuellement les passagers à partir de lundi afin de leur présenter les suites de la procédure. Elle peut également être jointe au 02 35 52 88 18.
Les prochaines étapes sont désormais précises : établir l’origine du morceau de rail et vérifier si le premier Rouen-Caen direct actuellement affiché à 17 h 05 peut effectivement circuler.
Sources consultées
- AFP, repris par BoursoramaDéraillement en Normandie : le parquet tempère les spéculations autour d’un attentat
- SNCF ConnectHoraires train Rouen-Caen
- Actu17Déraillement du TER Rouen-Caen : le parquet privilégie la piste d’un morceau de rail sur la voie
- AFP, repris par RTL Infos« Un morceau de rail pourrait être à l’origine » de l’accident
- InfoNormandieDéraillement du TER près de Cléon : un morceau de rail sur la voie, principale piste de l’enquête