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Grand-Quevilly : la piscine Camille-Muffat rouvre, la reconstruction entre désormais dans le débat

Après trois mois de fermeture, Camille-Muffat rouvre. Grand-Quevilly consulte désormais habitants, clubs et écoles sur une rénovation ou une reconstruction.

Illustration - piscine Camille-Muffat de Grand-Quevilly

La piscine Camille-Muffat de Grand-Quevilly rouvre ce samedi 5 septembre, après plus de trois mois de fermeture. L’effritement du revêtement d’une poutre avait conduit la Ville à fermer l’équipement le 23 mai. Un nouveau dispositif de protection des bassins a depuis été installé. Les analyses concluent à une structure saine et à l’absence de trace d’amiante dans l’air intérieur, et l’Agence régionale de santé a délivré l’autorisation nécessaire à la réouverture.

La remise en service ne clôt pourtant pas le dossier. Le même jour commence une concertation avec les habitants, les clubs et les écoles sur l’avenir de la piscine, avec deux possibilités désormais affichées par la Ville : la rénover ou la reconstruire. Un questionnaire doit être distribué au forum des associations puis proposé en ligne.

Cette réflexion n’est pas née de l’accident du printemps. Dans son rapport d’orientations budgétaires pour 2025, présenté en décembre 2024, la Ville écrivait déjà qu’une « rénovation complète » de la piscine s’imposait et annonçait une concertation inscrite dans la durée. L’incident de mai a donc accéléré l’actualité d’un choix patrimonial qui était déjà devant la commune.

L’âge de Camille-Muffat explique en partie ce calendrier. La piscine a fêté ses 50 ans en novembre 2024. Elle avait déjà fermé du 11 septembre au 12 novembre 2023 pour des travaux de mise en sécurité. Cette interruption n’était pas neutre financièrement : le conseil municipal a approuvé en décembre 2025 une compensation de 21 960 euros au délégataire, calculée à partir des recettes perdues et des charges économisées pendant la fermeture.

L’exploitation est confiée à Com.Sports dans le cadre d’une délégation de service public qui court jusqu’à fin 2027. Pour 2024, le rapport du délégataire fait apparaître une participation contractuelle de la Ville de 789 194 euros, soit 58,2 % de ses recettes. Le même document chiffre à 179 410 euros TTC le coût supporté par la collectivité pour l’occupation des bassins par les associations et les enfants des écoles.

Le choix entre rénovation et reconstruction devra notamment comparer le coût des travaux, la durée de vie obtenue, les conditions de fermeture pendant le chantier et les dépenses futures d’exploitation. Les piscines sont particulièrement exigeantes : le Cerema rappelle que près de 70 % du parc public français a été construit avant 1995 et que ces équipements peuvent consommer cinq à dix fois plus d’énergie au mètre carré qu’un bâtiment tertiaire classique.

Aucun coût ni calendrier des deux scénarios n’a encore été rendu public. Et les analyses réalisées cet été ne décrivent pas un bâtiment en péril : la Ville affirme au contraire que sa structure est saine. La question posée à Grand-Quevilly est donc moins celle d’une reconstruction urgente que celle du meilleur investissement pour prolonger un service public déjà quinquagénaire.

Ce samedi, les nageurs retrouvent Camille-Muffat. La commune, elle, commence à décider de l’avenir de sa piscine.

Sources consultées
  1. Ville de Grand-QuevillyRéouverture de la piscine
  2. Ville de Grand-QuevillyRapport d’orientations budgétaires pour 2025
  3. Ville de Grand-QuevillyCompte rendu du conseil municipal du 10 décembre 2025
  4. CeremaPiscines publiques : ACTEE, l'Ademe et le Cerema unissent leurs forces pour réduire les consommations d'énergie et d'eau