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À Dieppe, 84 caméras pour des images surtout consultées après les faits

Le programme est évalué à 1,755 M€ HT, dont 700 000 € pour le système central et la fibre. Les images seront surtout exploitées après les faits.

Illustration - Vidéoprotection urbaine à Dieppe

Dieppe a désormais son prestataire pour déployer et entretenir son futur réseau de vidéoprotection. Le marché, conclu avec les Établissements Fourment le 10 juin et dont l’attribution a été publiée le 4 septembre, porte sur les caméras, leur raccordement en fibre optique, le système central et leur maintenance. Il peut courir jusqu’à quatre ans. Son plafond de 4 millions d’euros HT n’est pas le prix annoncé des travaux : l’accord-cadre est sans minimum et ce montant représente seulement ce que la Ville pourra commander au maximum sur toute sa durée.

Le programme voté par le conseil municipal en décembre 2025 était évalué à 1,755 million d’euros HT, dont 700 000 euros pour le système central et le réseau fibre. Il prévoit 84 nouvelles caméras : 66 caméras urbaines, annoncées pour 2026, puis 18 équipements de visualisation des plaques d’immatriculation aux entrées de ville en 2027. Le centre-ville doit recevoir la couverture la plus dense, complétée à Neuville, Janval, Val Druel et aux Bruyères. La fibre doit relier les caméras au système central, où les images seront enregistrées dans un local sécurisé. Les documents publics retrouvés ne précisent pas combien de caméras étaient déjà effectivement installées au 5 septembre.

Aucun opérateur ne doit regarder les écrans en permanence dans le centre de supervision urbain installé dans les locaux de la police municipale. La délibération estime qu’une telle présence n’est pas justifiée par le niveau de délinquance local. Les images doivent donc être consultées principalement après les faits, sur réquisition, afin d’être utilisées dans les enquêtes. Le direct restera possible ponctuellement, notamment lors de grands événements ou pour assister une intervention, avec possibilité de renvoi des images vers la police nationale.

Ce fonctionnement explique aussi pourquoi une part importante de l’investissement se trouve derrière les caméras. Il faut transporter les flux, les enregistrer, permettre de retrouver plusieurs séquences et reconstituer un parcours. Le diagnostic réalisé avec la police nationale prend en compte les interventions, les plaintes et les lieux identifiés comme sensibles. La Ville indique que les enquêteurs demandent désormais régulièrement l’exploitation de vidéos et cite aussi, parmi les évolutions à anticiper, les nouveaux flux attendus avec le chantier des EPR2 de Penly.

Dieppe ne présente d’ailleurs pas cette infrastructure comme un remplacement des policiers. Dans la même délibération, la Ville demande des renforts de police nationale et prévoit de renforcer sa police municipale en 2026 avec un poste supplémentaire et des agents temporaires. Le système choisi repose donc sur deux moyens différents : davantage d’images disponibles après un fait, et des effectifs pour intervenir sur le terrain.

Un point reste à préciser pour les 18 caméras prévues aux entrées de ville. La délibération les qualifie de VPI, pour « visualisation des plaques d’immatriculation », puis évoque des lecteurs de plaques utilisés lors de réquisitions ou de recherches ciblées, sans détailler le partage des accès ni le traitement automatisé. La CNIL rappelle que la police municipale ne peut pas accéder aux traitements LAPI réservés aux services nationaux compétents. Cette partie du dispositif, programmée pour 2027, devra respecter cette séparation.

Pour 2026, l’étape immédiate est plus simple : installer les caméras urbaines, dérouler la fibre et mettre en service à la police municipale un centre conçu moins pour regarder Dieppe en continu que pour retrouver, après coup, ce qui s’est passé.

Sources consultées
  1. Ville de DieppeVidéo-protection urbaine, délibération du conseil municipal du 18 décembre 2025
  2. BOAMPAccord-cadre à bons de commande relatif au déploiement et à la maintenance du dispositif de vidéoprotection sur l’espace public de la Ville de Dieppe
  3. CNILLes dispositifs de lecture automatisée de plaque d’immatriculation (LAPI)