
Quatre générateurs de vapeur d’environ 430 tonnes chacun doivent quitter le port de Fécamp pour rejoindre la centrale nucléaire de Paluel. Ils voyageront deux par deux sur des convois d’environ 80 mètres de long, avec plusieurs jours de perturbations sur la D925 puis la D79. Leur passage sur les routes sera la dernière étape d’une chaîne logistique commencée à plusieurs centaines de kilomètres de la Seine-Maritime.
Les quatre appareils ont été fabriqués par Framatome à Saint-Marcel, près de Chalon-sur-Saône. Ils ont gagné Fos-sur-Mer par voie fluviale, puis Dieppe par la mer. Une barge les transporte ensuite deux par deux jusqu’à Fécamp, avant le trajet final par la route vers Paluel. Avec des pièces pouvant atteindre 22 mètres de haut, il faut choisir les infrastructures capables de les accueillir plutôt que chercher l’itinéraire le plus direct.
Ces générateurs ne sont pas une technologie nouvelle. La difficulté tient à leur taille, à leur rôle dans le réacteur et à leur remplacement. Dans une centrale à eau sous pression, ils transmettent la chaleur du circuit primaire au circuit secondaire, qui produit la vapeur destinée à la turbine. Chacun contient environ 5 300 tubes. Une fois à Paluel, les quatre appareils seront stockés jusqu’à leur installation dans le réacteur n°3 lors de sa quatrième visite décennale, dont le début est prévu en juillet 2027.
Cette opération s’inscrit dans le programme des quatrièmes visites décennales des réacteurs français de 1 300 MW. Vingt réacteurs sont concernés, avec un calendrier qui doit s’étaler principalement entre 2026 et 2034. Paluel figure parmi les premiers sites engagés : son réacteur n°1 a ouvert la séquence en 2026 et les unités 2 et 3 doivent suivre en 2027. Maintenir ces machines en service plusieurs décennies supplémentaires suppose désormais des opérations de remplacement préparées plusieurs années à l’avance.
Paluel connaît déjà la difficulté particulière des générateurs de vapeur. En mars 2016, pendant le remplacement de ceux du réacteur n°2, un ancien générateur avait chuté lors de sa manutention dans le bâtiment réacteur. L’ASN avait ensuite relevé notamment un défaut de conception du dispositif de levage et des insuffisances dans la surveillance du prestataire. L’épisode avait fortement prolongé l’arrêt du réacteur. La manutention dans le bâtiment réacteur constituera une autre étape délicate après l’acheminement jusqu’à Paluel.
Pour les habitants du littoral, cette industrie va d’abord se manifester sur la route. Chaque convoi doit mettre environ trois jours pour parcourir l’axe Fécamp, Cany-Barville, Saint-Valery-en-Caux puis Paluel, avec des blocages mobiles et des déviations. EDF prévoit les deux passages début septembre, à plusieurs jours d’intervalle, mais ne fixe pas encore de dates précises : l’arrivée maritime dépend notamment des conditions de navigation et des marées.
Au bout du parcours, les quatre générateurs resteront donc plus d’un an à Paluel avant leur installation. Avant même le chantier de 2027, il aura fallu faire voyager quatre machines de 430 tonnes jusqu’à la centrale.
Sources consultées
- EDFCentrale nucléaire de Paluel : adaptations de la circulation à venir sur l’axe Fécamp – Saint-Valéry-en-Caux lors de la livraison des 4 futurs générateurs de vapeur de l’unité de production n°3
- Syndicat Mixte des Ports de la Seine-MaritimeLe port de Fécamp au cœur d’une opération industrielle exceptionnelle pour la centrale nucléaire de Paluel
- Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotectionLes cahiers de l’ASNR n°7 : réacteurs nucléaires de 1 300 MWe
- Autorité de sûreté nucléaireChapitre 12 : les centrales nucléaires d’EDF