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De Fécamp à Dieppe, les traversées mobilisent le secours en mer

Des départs signalés à Antifer, Dieppe et Fécamp éclairent le rôle de la SNSM et des CROSS sur la côte d’Albâtre, sans établir l’apparition d’une nouvelle route.

Illustration - Secours en mer au large de Fécamp

Le 26 août au matin, une embarcation est signalée au large de Fécamp. Le canot de la SNSM de Fécamp et le semi-rigide de Veulettes-sur-Mer sont engagés, avec plusieurs moyens de l’État, pour surveiller l’embarcation pendant sa traversée. Dans la nuit, quatre passagers demandent assistance. Ils sont récupérés par le navire de sauvetage Minck et débarqués à Boulogne-sur-Mer.

C’est le troisième épisode de ce type documenté en Seine-Maritime en moins de trois semaines. Le 8 août, un départ avait été signalé au large d’Antifer. Dans la nuit du 9 au 10 août, le sémaphore de Dieppe en repérait un autre et le canot tous temps de la SNSM dieppoise participait à sa surveillance. Le 24 juillet, 90 personnes avaient déjà été secourues au large de Saint-Aubin-sur-Mer.

Cette succession ne suffit pas à démontrer l’apparition d’une nouvelle route migratoire en Seine-Maritime. Elle montre en revanche comment ces traversées s’insèrent dans le dispositif ordinaire de secours en mer de la côte d’Albâtre.

Fécamp occupe à cet égard une position particulière. Sa station SNSM travaille avec deux centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage : Gris-Nez pour la Manche Est et Jobourg pour la Manche centrale. À Antifer, le 8 août, l’alerte a d’ailleurs d’abord été reçue par le CROSS Jobourg, qui l’a transmise à Gris-Nez. Celui-ci a ensuite engagé la SNSM de Fécamp et une vedette de la gendarmerie maritime.

La station de Fécamp compte une trentaine de bénévoles et indique effectuer environ 100 sorties par an, dont 25 pour des assistances ou des sauvetages. Les traversées migratoires viennent donc prendre place parmi des missions beaucoup plus diverses sur cette portion du littoral.

Elles ajoutent une difficulté particulière : une embarcation peut être surveillée pendant des heures sans que ses occupants acceptent d’être transférés. La préfecture maritime explique qu’un transfert forcé depuis ces bateaux précaires et surchargés risquerait lui-même de provoquer une chute ou un naufrage. Les moyens français peuvent alors poursuivre la surveillance sans imposer de transfert, tout en restant prêts à intervenir si la situation se dégrade.

La météo concentre aussi les départs. Pour les journées du 26 au 28 août, la préfecture maritime évoque explicitement des conditions favorables à la traversée. Cela peut conduire plusieurs embarcations et plusieurs moyens de secours à être suivis presque simultanément.

L’ordre de grandeur reste important. Dans les eaux de Seine-Maritime relevant de sa zone, le CROSS Gris-Nez recensait en 2025 treize opérations de recherche et sauvetage liées aux traversées migratoires, contre 176 autres opérations de recherche et sauvetage. Elles formaient donc une part minoritaire de l’activité, mais déjà installée dans le quotidien opérationnel.

Cet été, Fécamp, Antifer et Dieppe en donnent une illustration rapprochée : à plusieurs reprises, les embarcations engagées vers l’Angleterre ont rejoint les avaries, accidents nautiques et autres détresses auxquelles répond le réseau de secours de la côte d’Albâtre.

Sources consultées
  1. Préfecture maritime de la Manche et de la mer du NordBilan des opérations d’assistance et de sauvetage du 26 au 28 août 2026 dans le détroit du Pas-de-Calais : 81 personnes secourues dont 1 décès
  2. Préfecture maritime de la Manche et de la mer du NordBilan des opérations d'assistance et de sauvetage dans le détroit du Pas-de-Calais pour les journées des 08 et 09 août 2026 : 22 personnes secourues
  3. Préfecture maritime de la Manche et de la mer du NordBilan des opérations d'assistance et de sauvetage dans le détroit du Pas-de-Calais pour la journée du 10 août 2026 : 61 personnes secourues
  4. SNSMStation de sauvetage en mer SNSM de Fécamp
  5. CROSS Gris-NezBilan annuel 2025