
Depuis le 21 août, trois groupes électrogènes externes font fonctionner à pleine capacité les deux lignes d’Ecostu’Air, à Saint-Jean-de-Folleville. Le transformateur de 20 000 volts incendié une semaine plus tôt reste hors service. Entre les deux dates, le traitement des déchets n’a pourtant pas cessé : il s’est déplacé et réorganisé.
Fin 2025, le SEVEDE assurait la valorisation des déchets de 486 520 habitants répartis dans 246 communes autour de l’estuaire de la Seine. Ecostu’Air peut incinérer 216 000 tonnes par an et en a traité 187 818 en 2025. Une panne ne concerne donc pas seulement le fonctionnement d’un site industriel : il faut continuer à absorber les arrivées de déchets.
Après l’incendie du 14 août, un premier groupe électrogène a permis de faire tourner les deux lignes à mi-charge. Il est tombé en panne le lendemain. Une seule ligne a ensuite fonctionné à 75 % de sa capacité. Pour absorber les déchets qu’Ecostu’Air ne pouvait plus traiter, le SEVEDE et l’exploitant SUEZ ont redirigé une partie des flux vers les UVE de Colombelles, dans le Calvados, et de Guichainville, dans l’Eure.
La continuité a donc reposé sur trois moyens : réduire la charge sur place, détourner une partie des déchets vers d’autres UVE, puis installer une alimentation électrique provisoire assez puissante pour remettre les deux lignes à 100 % le 21 août.
La remise en route a aussi rétabli un autre flux, moins visible que celui des camions-poubelles. Ecostu’Air fournit de la vapeur à l’usine Tereos, située à 3,5 kilomètres. En 2025, elle lui a vendu 276 209 MWh d’énergie thermique et le SEVEDE estime que cette énergie issue de l’incinération couvre 66 % de ses besoins en vapeur. Quand Ecostu’Air ralentit, une partie de la mécanique industrielle locale est donc elle aussi touchée.
Le service a retrouvé sa capacité, pas encore son installation normale. Les expertises sur l’origine de l’incendie se poursuivent et le transformateur reste inutilisable. Le coût des groupes électrogènes et le calendrier de remise en état du poste électrique n’ont pas été publiés. À Saint-Jean-de-Folleville, trois machines temporaires assurent pour l’instant le relais.