
À partir du 7 septembre, seize points de collecte des déchets alimentaires doivent entrer en service au Mont-Gaillard, au Havre. Les habitants pourront y apporter épluchures et restes de repas à l’aide d’un bioseau distribué gratuitement. Quatre rendez-vous d’information sont prévus dans le quartier du 7 au 11 septembre.
Ces seize collecteurs prolongent surtout un choix fait à l’échelle de toute la communauté urbaine. Le Havre Seine Métropole estime que les déchets alimentaires représentent encore plus du tiers du contenu du bac gris, soit 16 000 tonnes par an ou 65 kg par habitant. Mélangés aux autres ordures ménagères, ils sont aujourd’hui incinérés. Le projet financé avec l’Ademe pour développer la collecte séparée et la gestion de proximité est estimé à 6,73 millions d’euros. Il vise à détourner 6 000 tonnes de biodéchets par an et à proposer une solution de tri à 98 % de la population.
La collectivité n’a pas retenu un bac supplémentaire devant chaque logement. Une étude lancée en 2021 a conduit à combiner plusieurs méthodes : développer les points d’apport volontaire dans toutes les communes, élargir la collecte en porte-à-porte là où elle existe déjà et renforcer le compostage. Le territoire part d’ailleurs d’un système déjà composite. En mars 2025, plus de 17 000 composteurs de jardin avaient été distribués et certaines zones pavillonnaires disposaient d’un bac marron collecté à domicile depuis 2016.
Pour les quartiers urbains comme le Mont-Gaillard, le choix du point d’apport volontaire transfère une partie du travail vers l’habitant : conserver ses restes à part, puis marcher jusqu’au collecteur. Le ministère de la Transition écologique relève que cette formule réduit les coûts de collecte par rapport au porte-à-porte, mais aussi que la distance jusqu’au point de dépôt compte et que les erreurs de tri y sont plus difficiles à maîtriser.
Le premier test local donne néanmoins un ordre de grandeur. À Sainte-Adresse, quinze points installés fin 2023 ont recueilli 40 tonnes en 2024, soit près de 17 kg par habitant. Lorsque le déploiement a commencé au Havre en mars 2025, la communauté urbaine visait environ 18 kg par habitant et par an, soit au moins un quart des déchets alimentaires produits.
Cette organisation répond à une obligation nationale : depuis le 1er janvier 2024, les particuliers doivent pouvoir disposer d’une solution adaptée de tri à la source des biodéchets. La loi n’impose pas partout la même collecte et permet de combiner compostage, porte-à-porte et points d’apport volontaire selon le territoire. Le Havre Seine Métropole prévoit de poursuivre ce déploiement dans ses 54 communes d’ici 2027.
À partir du 7 septembre, la réussite se mesurera donc moins aux seize collecteurs posés dans le quartier qu’à ce qui cessera réellement d’entrer dans les bacs gris du Mont-Gaillard.
Sources consultées
- Le Havre Seine MétropoleLe tri des déchets alimentaires se déploie au Mont-Gaillard
- Le Havre Seine MétropoleFinancements de l'État - Collecte séparée et gestion de proximité des biodéchets
- Le Havre Seine MétropoleMise en place du tri des déchets alimentaires à Saint-François
- Ministère de la Transition écologiqueTri à la source des biodéchets : une obligation, de nombreuses solutions