
Le Havre a déjà commandé 887 ventilateurs sur pied pour ses écoles. Mais le plan contre la chaleur que la Ville doit présenter aux élus début septembre va plus loin : il doit couvrir 90 écoles, environ 750 salles de classe et les centres de loisirs, avec des réponses allant du simple store à la rénovation complète d’un bâtiment.
La démarche part de relevés de température effectués cet été dans plusieurs bâtiments municipaux. Paul-Bert et Valmy servent de sites pilotes pour tester les premières solutions. À court terme, la Ville prévoit rideaux thermiques, stores extérieurs, brasseurs d’air et voiles d’ombrage. Ces équipements doivent ensuite être intégrés à l’entretien courant des classes, réfectoires et dortoirs. À plus long terme, il faudra intervenir sur les couvertures, l’isolation, les menuiseries ou les protections solaires intégrées.
Trois cours ont déjà été transformées cet été, à Maréchal-Joffre, Maurice-Bouchor et Valmy, et la Ville annonce vouloir accélérer leur végétalisation à partir de 2027. Ces interventions montrent pourquoi l’adaptation à la chaleur ne se résume pas à ajouter des ventilateurs : selon les bâtiments, il faut aussi empêcher le soleil d’entrer, évacuer la chaleur accumulée ou créer davantage d’ombre autour des classes. C’est également l’approche recommandée par le Cerema, qui insiste sur la combinaison des solutions et sur la nécessité d’identifier d’abord les bâtiments les plus vulnérables.
Les montants donnent une idée de l’écart entre les réponses rapides et les interventions lourdes. La campagne de travaux scolaires annoncée par la Ville pour 2026 représente 7,3 millions d’euros dans 25 établissements, mais cette somme ne constitue pas le budget du plan chaleur. Celui-ci n’a pas encore été rendu public. À elle seule, la réhabilitation de l’école Paul-Bert est aujourd’hui estimée à 17 millions d’euros TTC. Le projet prévoit notamment ventilation naturelle, rafraîchissement nocturne et brasseurs d’air.
La priorisation des écoles répond aussi à un cadre national. Depuis mai, le plan national de gestion des vagues de chaleur demande aux académies et aux collectivités d’établir un diagnostic de vulnérabilité, de cartographier les établissements les plus exposés et de s’appuyer sur cette cartographie pour prioriser les rénovations.
Le plan havrais sera présenté aux élus début septembre, mais la Ville n’a pas encore publié les résultats détaillés de ses mesures ni la liste des écoles qui devront être traitées en premier. Après les 887 ventilateurs, la suite se jouera dans les cours, les toitures, les fenêtres et l’isolation, école par école.