
Dans la zone industrielle ouest de Rouen, plusieurs points de mesure sont sortis du rang en 2025. Atmo Normandie relève des PCB au-dessus de son 95e percentile régional au Chemin du Gord, à Midi et à Dieppedalle, du cadmium au Chemin du Gord et du cuivre à Manoir Queval. À Rouen Ouest-Petit-Quevilly, les HAP mesurés dans les lichens restent également au-dessus de ce repère. L’association prévoit de transmettre ces résultats à la DREAL pour des investigations complémentaires.
Ce réseau existe depuis 2009 autour de quatre installations : Vesta à Grand-Quevilly, Emeraude et la fonderie Inoxyda à Petit-Quevilly, ainsi que Triadis Services à Rouen. Les points de mesure ne sont pas répartis au hasard. Certains sont placés dans les secteurs où les vents dominants peuvent concentrer davantage les retombées. Manoir Queval se trouve ainsi dans la zone industrielle de Petit-Quevilly, à proximité et sous les vents de la fonderie. Le dispositif observe un secteur où plusieurs activités et le trafic peuvent se superposer, pas une cheminée isolée.
Le percentile 95 sert précisément à faire ressortir ce qui est inhabituel. Ce n’est ni un seuil sanitaire ni un dépassement réglementaire : pour les retombées mesurées dans les jauges, il n’existe pas de valeur réglementaire française. Une valeur au-dessus de ce repère appartient simplement aux 5 % les plus élevées de l’historique régional utilisé pour la comparaison. En 2025, les dioxines et furanes restent d’ailleurs sous ce niveau sur tous les sites. Le système indique donc où chercher, sans désigner la source responsable.
À Rouen, cette surveillance se lit à l’échelle de la zone industrielle : elle ne permet pas d’attribuer chaque dépôt à un émetteur. Après l’orage du 13 juin, l’exploitant de l’unité de valorisation énergétique a signalé un arrêt temporaire accompagné d’une indisponibilité ponctuelle du traitement des fumées. Atmo estime que l’épisode a pu contribuer à des dépôts, sans établir qu’il explique les valeurs observées.
Le cas de Rouen Ouest-Petit-Quevilly montre pourquoi le suivi ne s’arrête pas à une mesure. Introduit dans l’étude des HAP en 2024, ce point avait livré 16 386 µg/kg de matière sèche en hiver, pour un percentile 95 régional de 839. La DREAL avait alors été informée et avait engagé une recherche des causes potentielles. En 2025, les teneurs diminuent mais restent au-dessus du percentile 95. Le bureau d’étude chargé des prélèvements ayant changé entre les deux campagnes, Atmo limite cependant la comparaison directe.
Atmo prévoit désormais de transmettre les résultats 2025 à l’inspection des installations classées, assurée pour les sites industriels par la DREAL, afin qu’elle puisse poursuivre les investigations sur les causes possibles et, si nécessaire, contrôler le respect des prescriptions imposées aux exploitants. Atmo continuera de mesurer : une nouvelle campagne dans les lichens est annoncée en 2026, avec HAP, dioxines, PCB et métaux. Elle permettra de voir si des valeurs atypiques se répètent dans la zone industrielle rouennaise.
Sources consultées
- Atmo NormandieZI de Rouen : polychlorobiphényles et métaux dans les retombées
- Atmo NormandieObservatoire régional des retombées atmosphériques 2009-2023, métaux, dioxines/furanes et PCB
- Atmo NormandieSurveillance des HAP dans les dépôts atmosphériques en Normandie en 2024 au moyen de lichens
- DREAL NormandieBilan 2024 de l’action de l’inspection des installations classées