
La Seine-Maritime n’avait encore jamais dépassé 3 millions de nuitées touristiques en juillet. Le cap a été franchi en 2026, avec une hausse de 9 % par rapport à juillet 2025. Dans le même temps, le département a comptabilisé 4 millions d’excursions, en progression de 16 %.
Cette deuxième donnée est importante parce qu’elle mesure autre chose qu’un séjour classique. Les chiffres proviennent de Flux Vision, un dispositif d’Orange Business qui transforme des données anonymisées du réseau mobile en statistiques de fréquentation. Il distingue notamment touristes, excursionnistes, résidents et personnes en transit. Une excursion correspond ainsi à une présence à la journée dans la zone observée. Les 3 millions de nuitées ne sont donc pas 3 millions de chambres réservées, et les 4 millions d’excursions ne correspondent pas non plus à un comptage aux entrées d’un site touristique.
Ce système permet de mesurer une fréquentation que les seules statistiques d’hébergement laisseraient largement de côté. Depuis janvier, Seine-Maritime Attractivité comptabilise 12,9 millions de nuitées, soit 5 % de plus qu’en 2025, mais déjà 19 millions d’excursions, en hausse de 11 %. Les données de juillet sur ces dernières sont encore provisoires.
La hausse depuis janvier n’est pas uniforme dans tout le département. Sur les 18 intercommunalités suivies, dix affichent davantage de nuitées qu’en 2025. Fécamp Caux Littoral est la seule à enregistrer un léger recul. Le chiffre départemental masque donc des évolutions locales différentes.
Juillet 2026 a aussi été un mois météorologique hors norme. Météo-France l’a classé comme le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, tous mois confondus. À Rouen, les 341 heures d’ensoleillement ont également constitué un record, soit 71 % de plus que la normale.
Les données touristiques montrent en parallèle une évolution inhabituelle de l’origine des visiteurs français : Nouvelle-Aquitaine et Occitanie en représentent 13 %, contre 8 % en juillet 2025. Et parmi les 185 professionnels interrogés par Seine-Maritime Attractivité et Normandie Tourisme, 68 % estiment que la météo a favorisé leur fréquentation. Ces éléments ne prouvent pas l’installation d’un « tourisme de fraîcheur », mais les visiteurs venus de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie ont représenté une part sensiblement plus importante qu’un an auparavant.
Une autre série de capteurs dessine cette fréquentation au ras du terrain. Les Eco-compteurs installés sur les véloroutes ont enregistré en juillet 8 806 passages à Pourville-sur-Mer sur la Véloroute du Lin, soit 47 % de plus qu’un an auparavant. Saint-Pierre-le-Viger progresse de 43 %, Forges-les-Eaux de 37 % sur l’Avenue Verte London-Paris, tandis que Belbeuf atteint 7 466 passages sur la Seine à Vélo.
Ces mesures ne disent pas combien les visiteurs ont dépensé. Flux Vision montre en revanche l’importance des déplacements à la journée, tandis que les compteurs cyclables documentent séparément la fréquentation de plusieurs itinéraires. À Pourville-sur-Mer, l’un de ces compteurs a enregistré 8 806 passages en trente et un jours.