
Mardi 11 août, le terminal de Radicatel, à Saint-Jean-de-Folleville, est entré pour quelques heures dans la chaîne logistique d’Ariane 6. Le cargo Canopée, arrivé de Guyane, y a transféré plusieurs composants du lanceur vers la barge Obstiné, qui devait les remonter par la Seine jusqu’au site ArianeGroup des Mureaux. D’autres éléments ont fait le trajet inverse, de la barge vers le navire.
L’escale sort du circuit habituel. Canopée, spécialement conçu pour transporter les éléments d’Ariane 6 entre l’Europe et Kourou, dessert notamment Brême pour l’étage supérieur, Rotterdam pour la coiffe, Le Havre pour l’étage principal assemblé aux Mureaux et Bordeaux pour des composants de propulsion solide. Les éléments produits aux Mureaux rejoignent habituellement Le Havre par la Seine avant d’être chargés sur le cargo.
Cette fois, le transbordement entre Canopée et la voie fluviale s’est fait plus en amont sur la Seine, à Radicatel. HAROPA PORT explique ce choix par des installations adaptées aux colis lourds et par la disponibilité du ponton, sans préciser ce qui a conduit à modifier ponctuellement le schéma habituel.
Radicatel dispose pour cela d’un terminal de 17 hectares, avec 420 mètres de quai pouvant supporter 4 tonnes par mètre carré. Il reçoit déjà des colis lourds, des conteneurs, du vrac ou du trafic roulier. Sa rampe ro-ro permet surtout de faire passer des charges entre un navire et le quai sur des équipements roulants, plutôt que de devoir les lever avec une grue. C’est par cette rampe que les éléments d’Ariane 6 ont été déchargés le 11 août.
La manœuvre, réalisée par Roll Manutention Services, exploitant du terminal, avait quelque chose d’inhabituel même pour Radicatel : HAROPA indique qu’il s’agissait de la première opération ro-ro menée sur le site depuis 2019.
Une installation portuaire conçue pour manipuler plusieurs types de marchandises lourdes a ainsi pu prendre place, ponctuellement, dans une chaîne industrielle très spécialisée. Cette souplesse intervient alors qu’ArianeGroup augmente la cadence de production du lanceur, avec un système industriel dimensionné pour atteindre jusqu’à 11 Ariane 6 par an.
L’opération du 11 août établit quelque chose de précis : entre l’usine des Mureaux et le voyage vers Kourou, la chaîne d’Ariane 6 peut aussi s’appuyer ponctuellement sur un quai de Saint-Jean-de-Folleville dont la rampe roulante n’avait plus servi depuis sept ans.