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À Rouen, la Seine reste chaude sans manquer d’oxygène

Au 1er août, la Seine atteignait 24,1 °C à Rouen avec un faible débit, mais une oxygénation normale, soutenue par l’assainissement et la surveillance du fleuve.

Seine chaude sous les quais rouennais

Au 1er août, la Seine affichait 24,1 °C à Rouen. À Vernon, son débit n’était que de 110 m³ par seconde, sous la normale saisonnière. Pourtant, l’eau contenait encore 7,6 mg d’oxygène par litre, un niveau normal pour la saison et nettement supérieur au seuil de perturbation fixé à 5 mg/l.

Cette résistance n’allait pas de soi après le coup de chaud de juin. Entre le 26 et le 29, la température moyenne journalière avait dépassé 27 °C à Rouen, avec des pointes à 27,7 °C, inédites dans le suivi continu disponible depuis 2018. L’oxygène était néanmoins resté au-dessus de 6 mg/l et aucun effet notable sur les poissons n’avait alors été signalé, sous réserve d’un bilan consolidé. Début août, la chaleur de l’eau reste l’une des traces mesurables de la séquence de canicule qui avait placé la Seine-Maritime en vigilance rouge.

Ces valeurs viennent du réseau public SYNAPSES, dont les stations mesurent toutes les cinq minutes la température, l’oxygène, la salinité et la turbidité le long de l’estuaire. HAROPA Port héberge et entretient les capteurs ; le GIP Seine-Aval exploite et interprète les données avec ses partenaires scientifiques. Les sondes doivent être régulièrement calibrées, réparées ou remplacées pour conserver des séries comparables pendant des années.

L’oxygène dépend ensuite de ce qui arrive dans l’eau. Plus elle est chaude, moins elle peut en dissoudre. La dégradation des matières organiques en consomme également. Autour de Rouen, la station Émeraude traite les eaux usées de 35 communes. Elle a épuré 38,8 millions de mètres cubes en 2024, avec un rendement moyen de 97,5 % sur la pollution organique biodégradable. Sa capacité atteint 150 000 m³ par jour depuis son extension mise en service en 2018.

Les 7,6 mg/l mesurés le 1er août ne peuvent pas être attribués à Émeraude ou à un ouvrage précis. Ils s’inscrivent cependant dans une Seine où une grande partie de la pollution organique issue des eaux usées est retirée avant rejet. Entre 2012 et 2022, les plus faibles concentrations estivales d’oxygène ont progressé d’environ 0,6 mg/l à Rouen. Les passages sous 5 mg/l y sont devenus rares et très courts.

Dans le même temps, la contrainte climatique se renforce. À Oissel, la température estivale de l’eau a augmenté d’environ 0,54 °C entre 2012 et 2022. À Rouen, le seuil de 23 °C, au-delà duquel plusieurs organismes aquatiques sont perturbés, n’est plus exceptionnel. Avec moins d’eau, les rejets se diluent moins.

Les gestionnaires disposent surtout de deux leviers : continuer à réduire les rejets et détecter rapidement toute dégradation. En 2024, la Métropole a installé de nouveaux instruments de diagnostic sur les réseaux de collecte et remplacé des diffuseurs d’air à Émeraude. Ce travail ne refroidira pas la Seine, mais il réduit le risque d’ajouter une charge polluante à la chaleur et au faible débit.

Sur les quais de Rouen, les trois mesures du 1er août résument cet équilibre : 24,1 °C, 110 m³/s et encore 7,6 mg/l d’oxygène.

Sources consultées
  1. GIP Seine-AvalL’estuaire en direct
  2. GIP Seine-AvalRetour sur la canicule de juin 2026
  3. GIP Seine-AvalSuivi en continu de la qualité de l’eau de la Seine par SYNAPSES entre 2012 et 2022
  4. GIP Seine-AvalUn estuaire en pleine évolution
  5. Métropole Rouen NormandieRapport annuel sur le prix et la qualité du service public de l’assainissement 2024