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Contournement Est : l’arrêt annoncé laisse le tracé en place

Philippe Tabarot a annoncé l’arrêt de l’A133-A134. La DUP de 2017 reste en vigueur jusqu’en 2027 et limite encore la réserve foncière de Seine-Sud à Oissel.

Illustration - Tracé du contournement Est de Rouen

À Oissel, l’autoroute dont le ministre des Transports vient d’annoncer l’arrêt continue de prendre de la place. L’emprise prévue pour le contournement Est de Rouen traverse la future Zone de Grande Industrie de Seine-Sud. La Métropole indique que, tant que la déclaration d’utilité publique de 2017 demeure en vigueur, sa réserve foncière ne peut inclure les terrains situés dans ce périmètre.

Le 2 juillet, lors de son passage à Rouen, le ministre des Transports Philippe Tabarot a déclaré que le projet « n’avancera plus » et « va s’arrêter », faute de consensus politique. L’annonce ferme un dossier ouvert depuis plus d’un demi-siècle. Elle ne supprime cependant pas, à elle seule, le décret qui organise encore le tracé.

Ce décret donne à l’État dix ans à compter de sa publication, le 16 novembre 2017, pour réaliser les expropriations nécessaires. Au 27 juillet 2026, aucun acte d’abrogation n’a été publié. La Métropole indiquait encore en novembre 2025 que la DUP restait en vigueur jusqu’en 2027 et empêchait d’inclure ses emprises dans la réserve foncière de Seine-Sud.

À Oissel, cette contrainte touche un autre projet public. La Zone de Grande Industrie envisagée couvre près de 80 hectares de friches. Un secteur d’un peu plus de 40 hectares, correspondant aux anciens sites de la Société chimique de Oissel et de Yara, doit devenir disponible pour des implantations industrielles entre 2027 et 2030. Pour maîtriser le foncier, la Métropole a lancé sa propre procédure de DUP sur près de 79,7 hectares, avec 11 millions d’euros d’acquisitions estimées. Elle en a donc exclu les parcelles comprises dans le périmètre autoroutier.

Le projet autoroutier occupait lui-même une emprise considérable. Il prévoyait 36 kilomètres d’A133 entre Quincampoix et Incarville et un barreau A134 de 5,5 kilomètres vers Saint-Étienne-du-Rouvray. Son coût de référence atteignait 886 millions d’euros hors taxes aux prix de 2015, dont 55 % de subvention publique. Il aurait occupé 516 hectares et artificialisé 470 hectares nets.

En avril 2026, le Conseil d’orientation des infrastructures a constaté que l’opposition de Rouen et de sa Métropole rendait le projet impossible à conduire en l’état. L’appel à concession était déjà suspendu. Le COI recommande désormais de ne pas réaliser le contournement. Ses trajectoires de dépenses ne l’intègrent donc plus. Il relève aussi que les prévisions reposent sur une étude de trafic de 2013 et que le développement du service express régional métropolitain pourrait modifier ces hypothèses.

L’arrêt annoncé ne fait pas disparaître le problème auquel l’autoroute devait répondre. Les études prévoyaient d’y faire circuler 20 000 à 30 000 véhicules par jour, dont une part importante de poids lourds, afin de soulager Rouen et ses pénétrantes. Les solutions proposées par la Métropole sur les axes existants avaient été jugées insuffisantes par l’État. Aucun remplacement complet n’est aujourd’hui arrêté.

Le prochain choix ne concerne donc plus un concessionnaire. Il porte sur le décret de 2017, les terrains immobilisés et les moyens de traiter les flux routiers sans l’A133-A134. À Oissel, en attendant cette clarification, la réserve foncière de Seine-Sud doit toujours contourner le périmètre d’une autoroute dont le ministre a annoncé l’arrêt.

Sources consultées
  1. Ville de Saint-Étienne-du-RouvrayContournement est : c’est fini !
  2. Conseil d’orientation des infrastructuresGrands projets : le temps des choix, rapport 2026
  3. LégifranceDécret du 14 novembre 2017 déclarant d’utilité publique les travaux de construction du contournement est de Rouen
  4. Métropole Rouen NormandieConseil métropolitain du 12 novembre 2025, DUP Réserve foncière de Seine-Sud