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Au Havre, cent caméras partagées avec les services de l’État

Police, gendarmerie et douane peuvent désormais consulter en direct les images d’une centaine de caméras réparties dans la zone portuaire du Havre.

Illustration - caméras du port du Havre

Au Havre, les images d’une centaine de caméras installées autour des terminaux et sur les principaux axes routiers du port sont désormais accessibles en temps réel à la police, à la gendarmerie et à la douane. Les équipements existaient déjà. La nouveauté tient au partage direct de leurs images avec les services pouvant intervenir.

Ce changement prend son sens à l’échelle du port. La zone surveillée ne se résume pas aux quais de Port 2000. Le Service intégré de sûreté portuaire du Havre, le SISP, exerce ses missions sur une circonscription de 77 703 hectares, dont 10 621 à terre, où sont implantés plus de 480 entreprises et organismes. Ses 150 agents assermentés et armés assurent la surveillance du domaine portuaire dans le cadre d’un protocole de coordination avec les services de l’État, renouvelé en 2023.

Le port dispose donc de son propre service opérationnel, sans se substituer aux forces de sécurité ni aux douaniers. Un camion ou une cargaison peut passer d’un terminal à une route portuaire et relever successivement du SISP, de la police, de la gendarmerie ou de la douane. L’accès aux mêmes images donne à ces services une vue commune au moment de l’alerte.

La vidéo rejoint d’autres outils déjà utilisés au Havre : lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation, contrôles d’accès et scanner mobile employé depuis 2025 pour cibler certains conteneurs. La coopération ne commence pas avec les caméras. En 2025, le SISP, la police et la gendarmerie ont contrôlé ensemble 827 véhicules et relevé 19 faits concernant notamment des infractions routières, des objets prohibés ou des stupéfiants. Ces chiffres décrivent le dispositif antérieur, pas encore les résultats du nouveau partage.

Il complète aussi le renforcement engagé contre les vols de fret, dans un espace où la marchandise peut rapidement passer d’une enceinte privée à une voie portuaire, puis au réseau routier.

Le droit national de la sûreté portuaire a été renforcé en parallèle. Depuis 2025, l’administration peut demander aux installations manutentionnant des conteneurs de conserver leurs images jusqu’à trente jours et de les transmettre, par convention, à des agents habilités de la police, de la gendarmerie ou des douanes. Depuis le 1er juillet 2026, le Code des transports encadre notamment l’accès en différé ou en flux continu, la sécurisation des transmissions et la répartition des responsabilités.

Aucune source publique ne permet toutefois d’établir si le réseau annoncé au Havre relève précisément de cette convention, ni de connaître ses règles locales de conservation et d’accès.

Le dispositif organise donc un partage plus direct, sans fournir encore de résultats mesurables. Au Havre, police, gendarmerie et douane peuvent désormais regarder en direct les mêmes terminaux et routes portuaires que le service de sûreté du port.

Sources consultées
  1. HAROPA PORTHAROPA PORT et les services de l’État mobilisés pour renforcer la sûreté portuaire
  2. HAROPA PORTNotre expertise sûreté et sécurité
  3. LégifranceCode des transports, article L. 5332-14
  4. LégifranceCode des transports, article R. 5332-55