
Le nouveau zonage des médecins généralistes libéraux, signé le 6 juillet et publié le 17 juillet, classe 75 % des habitants de Seine-Maritime dans des zones où certains dispositifs peuvent être mobilisés par les médecins qui en remplissent les conditions. Le précédent zonage, adopté en 2021, en couvrait 44,2 %. Désormais, 23,9 % de la population vit en zone d’intervention prioritaire, ou ZIP, et 51,1 % en zone d’action complémentaire, ou ZAC.
Le changement est particulièrement visible sur le littoral et dans le pays de Bray. Les territoires de vie-santé de Dieppe, Fécamp, Bolbec, Goderville, Montivilliers et Saint-Valery-en-Caux passent de l’ancienne catégorie régionale ZAC-FIR à la ZIP nationale, le niveau le plus aidé. Gournay-en-Bray monte de ZAC à ZIP.
Dans la métropole rouennaise, la carte demande davantage de précision. Le zonage ne classe pas seulement des communes, mais des territoires de vie-santé, avec un traitement distinct possible pour les quartiers prioritaires. Les territoires de vie-santé du Petit-Quevilly et de Saint-Étienne-du-Rouvray, hors vivier en 2021, sont désormais classés en ZAC. À Rouen, le territoire de vie-santé reste hors vivier, tandis que Grammont-Saint-Sever-Orléans et Les Hauts de Rouen sont classés en ZAC. Une même ville peut donc réunir des secteurs aidés et non aidés.
Depuis le 1er janvier 2026, une première installation libérale peut ouvrir droit à une aide ponctuelle de 10 000 euros en ZIP et de 5 000 euros en ZAC. L’ouverture d’un cabinet secondaire en ZIP peut également ouvrir droit à 3 000 euros. Le zonage décide où ces incitations peuvent être mobilisées. Il ne répartit pas des postes et ne garantit pas l’ouverture d’un cabinet.
Le bond de 44,2 % à 75 % ne mesure donc pas une dégradation équivalente de l’accès aux soins. La carte applique une méthodologie nationale révisée en 2025. Elle repose notamment sur l’activité des généralistes, les temps de trajet, l’âge des habitants et l’offre disponible autour de chaque territoire. Les médecins de plus de 65 ans sont retirés du calcul afin d’anticiper les départs à la retraite.
L’État a également fixé pour la Normandie des parts de population à classer de 41 % en ZIP et de 38,5 % en ZAC. L’extension seinomarine traduit ainsi deux réalités mêlées : des fragilités locales actualisées et un choix national d’ouvrir les aides à près de quatre Normands sur cinq.
Cette remise à niveau élargit l’accès aux aides, mais place aussi davantage de territoires en concurrence pour attirer les mêmes médecins. Ces dispositifs réduisent une partie du coût d’installation. Ils ne créent pas le médecin qui manque.
L’arrivée annoncée de 57 docteurs juniors en Seine-Maritime répond à un autre volet du problème : faire venir des praticiens en formation dans les secteurs sous-dotés, sans préjuger de leur installation durable. À Dieppe, Fécamp ou Gournay-en-Bray, le niveau maximal d’aide est désormais ouvert. Le prochain chiffre décisif sera celui des médecins qui choisiront réellement d’y exercer.
Sources consultées
- Agence régionale de santé NormandieMédecins généralistes libéraux : un nouveau zonage arrêté par l’ARS Normandie pour les professionnels dans les territoires sous-dotés
- Préfecture de la région NormandieRecueil des actes administratifs n° R28-2026-156
- Portail d’accompagnement des professionnels de santé NormandieOù m’installer ?
- LégifranceArrêté du 9 mai 2025 relatif à la méthodologie applicable à la profession de médecin
- Assurance MaladieLes aides de l’Assurance Maladie ouvertes aux médecins