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À Port-Jérôme, le bioplastique s’appuie sur l’héritage pétrochimique

Soumis à consultation jusqu’au 6 octobre, le projet Futerro révèle pourquoi le plastique biosourcé dépend encore des réseaux industriels de Port-Jérôme.

Illustration - Bioraffinerie de Port-Jérôme

À Saint-Jean-de-Folleville, le dossier complet de la future bioraffinerie Futerro est consultable jusqu’au 6 octobre. Il rassemble les demandes d’autorisation environnementale et de permis de construire. L’usine n’est donc pas encore autorisée.

Futerro prévoit d’investir environ 500 millions d’euros sur 27 hectares de la zone de Port-Jérôme II. Le site produirait chaque année 75 000 tonnes de PLA, un plastique fabriqué à partir de sucre de blé, et disposerait d’une capacité annuelle de recyclage de 5 000 tonnes. L’entreprise vise désormais un démarrage au plus tard début 2029, selon son propre calendrier.

Le choix de Port-Jérôme tient moins au terrain qu’à tout ce qui l’entoure. L’usine voisine de Tereos fournirait 150 000 tonnes de dextrose par an grâce à une canalisation directe. Cet accord évite à Futerro de construire sa propre glucoserie. La chaux arriverait par le rail, l’acide sulfurique par la Seine et le gypse issu de la fabrication repartirait par bateau. Malgré cette organisation, le dossier prévoit encore une trentaine de camions par jour.

Le projet demanderait aussi 1,6 million de mètres cubes d’eau industrielle par an, fournis par l’usine de Caux Seine agglo à Norville. Il nécessiterait un raccordement électrique de 25 MW. Des chaudières alimentées au gaz naturel ou au biogaz produiraient la vapeur nécessaire, tandis que GRDF devrait étendre son réseau.

Futerro est une entreprise privée, mais l’usine dépendrait d’équipements territoriaux et d’opérateurs de réseau. Port-Jérôme attire cette production parce qu’il possède déjà les tuyaux, les quais, les voies ferrées et les compétences d’un grand bassin chimique.

Cette dépendance prend un relief particulier depuis l’arrêt des activités chimiques d’ExxonMobil à Port-Jérôme, annoncé en 2024 et devenu effectif en avril 2025, avec plusieurs centaines de suppressions de postes. Futerro ne compenserait pas cette perte à elle seule. Le dossier soumis à consultation prévoit 184 équivalents temps plein pour la future usine, tandis que le bilan de la concertation et la commune évoquent environ 250 emplois directs. Les sources ne précisent pas si ces chiffres recouvrent le même périmètre.

La rupture proposée porte donc sur la matière première, pas sur l’échelle de l’industrie. Le sucre remplacerait une ressource fossile, mais la production resterait gourmande en eau, en énergie et en transports. Les contributions peuvent porter sur ce compromis, comme sur les risques industriels, les effluents, le trafic et les sous-produits destinés à l’épandage agricole.

Pour participer, les habitants peuvent consulter le dossier et déposer une contribution sur le registre numérique. Le commissaire enquêteur tiendra sa prochaine permanence le jeudi 23 juillet, de 10 heures à midi, à la mairie de Saint-Jean-de-Folleville.

Sources consultées
  1. Registre NumériqueConsultation du public, projet de bioraffinerie à Saint-Jean-de-Folleville (76)
  2. Commission nationale du débat publicRapport final de la concertation continue Futerro
  3. Commune de Saint-Jean-de-FollevilleConsultation du public – Projet de bioraffinerie FUTERRO France
  4. FuterroFuterro officially submits permit applications for its future biorefinery in Port-Jérôme-sur-Seine
  5. Le MondeExxonMobil réduit ses activités en France et supprimera 677 emplois en 2025