
Dans le pays de Bray et la vallée de la Bresle, l’alerte sécheresse commence par des gestes très ordinaires. La préfecture de la Seine-Maritime a annoncé vendredi 17 juillet 2026 le passage de ces deux zones hydrologiques au niveau d’alerte. Dans l’est du département, remplir une piscine, laver sa voiture ou arroser son jardin n’est désormais plus anodin.
Le remplissage des piscines privées est interdit, sauf pour une remise à niveau ou la première mise en eau d’un bassin dont le chantier avait commencé avant les restrictions. Le lavage d’une voiture à domicile l’est aussi. En station, il reste possible de passer par certains équipements : haute pression, recyclage d’au moins 70 % de l’eau ou programme économique.
Pour les terrasses, façades, voies et trottoirs, le nettoyage est réservé aux collectivités et aux entreprises de nettoyage professionnel. Au jardin comme sur les terrains de sport, l’arrosage est interdit entre 11 h et 18 h. Les fontaines en circuit ouvert doivent, elles, être arrêtées.
Une réserve de pluie ou un système conforme de recyclage ou de réutilisation change toutefois la règle : ces restrictions ne s’appliquent pas à cette eau, à condition de pouvoir en justifier l’origine. Ce n’est pas une nuance théorique pour les habitants qui ont séparé leur réserve du réseau d’eau potable : la provenance compte autant que l’usage.
Les exploitations agricoles et les activités industrielles sont également dans le périmètre. L’irrigation par aspersion est interdite de 11 h à 18 h, tandis que le goutte-à-goutte et la micro-aspersion restent autorisés. Les installations classées qui n’ont pas déjà de prescriptions particulières doivent réduire leurs prélèvements d’au moins 5 % par rapport au volume de référence réglementaire.
La mesure intervient après un mois de juin peu arrosé et plusieurs épisodes de chaleur, qui ont fait baisser les débits dans l’est du département. Son périmètre suit les bassins versants, pas les cantons ni les intercommunalités. Pour savoir quelle règle s’applique réellement chez soi, VigiEau permet de vérifier les restrictions à son adresse, selon l’usage et l’origine de l’eau. Dans le Bray et la Bresle, l’arrosoir a donc ses horaires, mais la carte hydrologique garde le dernier mot.