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Le prochain contrat d’eau de Caux-Austreberthe face à 858 000 litres perdus par jour

Le réseau d’eau de Caux-Austreberthe perd 858 000 litres par jour. Le futur contrat doit mieux lier contrôle public et performance du délégataire.

Illustration - Réseau d’eau de Caux-Austreberthe

Caux-Austreberthe remet en concurrence l’exploitation de son service d’eau potable. Le prochain concessionnaire prendra la suite le 1er juillet 2027 pour dix ans, sur les neuf communes de l’intercommunalité. Les offres sont attendues avant le 21 septembre 2026. En toile de fond, le réseau perd environ 858 000 litres d’eau par jour.

L’avis évalue le contrat à 18 millions d’euros hors taxes. Cette somme ne constitue pas un budget de travaux payé immédiatement par la collectivité. Elle correspond au chiffre d’affaires total attendu du concessionnaire pendant dix ans, principalement grâce aux factures des usagers.

Le service représente 11 234 abonnés, 258 kilomètres de conduites, huit réservoirs et un peu plus d’un million de mètres cubes facturés en 2024. Son rendement atteint 77,8 % : une partie des volumes introduits dans le réseau n’est donc pas facturée, sans que cet écart se confonde entièrement avec des fuites physiques.

L’eau distribuée a respecté les contrôles sanitaires en 2024. Le problème se situe dans le rendement du réseau. Le contrat actuel fixe un objectif de 83 % et un indice de pertes de 3 m³ par kilomètre et par jour. Les résultats atteignent respectivement 77,8 % et 3,33 m³.

Le réseau n’est pourtant pas resté sans surveillance. Près de 120 kilomètres de canalisations, soit 46,5 % du linéaire, ont fait l’objet de recherches de fuites en 2024. Soixante-quatorze fuites ou casses ont été réparées. Le rapport annuel relève aussi que l’intégration récente des réseaux de Blacqueville et Bouville a probablement dégradé le rendement. Malgré ces travaux, l’engagement contractuel n’est pas atteint.

Le prochain contrat doit donner davantage de prise à la communauté de communes sur l’exploitation quotidienne. Celle-ci prévoit des tableaux de bord actualisés, un accès en temps réel aux données, des contrôles externes financés par le concessionnaire et des pénalités en cas de manquement. La télérelève des compteurs, la sectorisation du réseau et une cartographie plus précise doivent permettre de repérer plus vite les consommations anormales et les zones de pertes.

La collectivité veut également faire dépendre une part de la rémunération du futur délégataire des performances mesurées. Les objectifs chiffrés définitifs et la force des pénalités ne sont toutefois pas encore publics.

Le conseil communautaire a retenu la concession plutôt qu’un retour en régie. Son rapport estime qu’une régie demanderait douze à dix-huit mois de préparation, avec des recrutements, des logiciels, des véhicules et des stocks à constituer. En restant en concession, la collectivité continue de s’appuyer sur les moyens d’un opérateur spécialisé et lui transfère une partie du risque d’exploitation. Elle doit en contrepartie être capable de vérifier ses comptes, ses données et ses performances.

En 2027, le changement ne se lira donc pas seulement sur le nom imprimé sur les factures. À Barentin, Pavilly, Limésy et dans les six autres communes, il se mesurera au volume d’eau qui cessera de se perdre avant d’atteindre les robinets.

Sources consultées
  1. BOAMPAvis de marché de concession n° 26-68535
  2. Communauté de communes Caux-AustrebertheRapport sur le choix du mode de gestion du service public d’eau potable
  3. Communauté de communes Caux-AustrebertheRapport annuel sur le prix et la qualité du service d’eau potable 2024
  4. Communauté de communes Caux-AustrebertheProcès-verbal du conseil communautaire du 29 avril 2026
  5. LégifranceCode de la commande publique, article R3121-1