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Au Havre, des dessins pour rouvrir l’horizon des enfants hospitalisés

À Jacques-Monod, de jeunes patients ont participé au concours de Juste Humain, une manière simple de préserver une part d’enfance dans l’hôpital.

Dessin d’enfant à l’hôpital

À l’hôpital Jacques-Monod, au Havre, des enfants hospitalisés ont participé cette année au Concours international de dessin organisé par l’association Juste Humain. Le thème choisi, « Ma bulle magique », tient en peu de mots : dans un quotidien réglé par les soins, il s’agit d’ouvrir un espace où l’enfant décide encore de la couleur, du décor, de l’histoire.

Le concours est porté par Juste Humain, association créée en 2011 par Nathalie Nicoloff après l’accompagnement de sa mère malade. Son idée est simple, et c’est ce qui lui donne sa force : l’art et la culture peuvent rendre à l’enfant une part d’expression que l’hospitalisation réduit vite.

L’édition 2026 a rassemblé 62 hôpitaux en France métropolitaine, en outre-mer et dans plusieurs pays, dont la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, le Québec, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les dessins étaient répartis en trois catégories d’âge, de 4 à 7 ans, de 8 à 12 ans et de 13 à 18 ans. Les votes en ligne ont été ouverts du 11 au 26 mai, avant l’annonce des résultats le 28 mai. À Jacques-Monod, les œuvres havraises rejoignent ainsi une galerie beaucoup plus large, mais gardent leur ancrage très précis : celui du Pavillon Femme Mère Enfant, de ses chambres, de ses salles de jeux, de ses moments d’attente.

À Jacques-Monod, cette feuille de dessin s’insère dans un service où l’enfance est pensée comme autre chose qu’un dossier médical. La pédiatrie médicale du Groupe hospitalier du Havre indique accueillir nourrissons, enfants et adolescents jusqu’à 18 ans, avec 54 lits, environ 11 200 journées d’hospitalisation annuelles et une trentaine d’enfants présents en moyenne chaque jour. Le service mentionne des animations, des activités manuelles, une bibliothèque, des contes, la présence d’associations, mais aussi une école à l’hôpital pour limiter la rupture scolaire.

Dans ce paysage, un concours de dessin n’est pas un supplément décoratif. Une feuille posée devant un enfant fatigué ne produit pas forcément une œuvre spectaculaire. Elle peut produire un trait, un personnage, une maison, un héros, un soignant, un monde où personne ne demande de tendre le bras pour une prise de sang. La présidente de Juste Humain insiste d’ailleurs sur ce point : certains enfants sont trop épuisés pour faire davantage qu’un geste minuscule, mais ce geste compte déjà.

Le Havre a déjà vu d’autres présences entrer en pédiatrie, des clowns aux ateliers artistiques. En 2025, l’artiste havrais Mascarade était venu rencontrer des enfants et adolescents hospitalisés pour deux ateliers à Jacques-Monod. En 2026, l’hôpital a aussi communiqué sur une station multi-activités financée avec le soutien de la Fondation Jacques Monod, destinée à faire bouger les enfants sous forme de jeu. Le fil commun n’est pas le divertissement à tout prix. C’est une manière de tenir ensemble le soin, le rythme des familles et cette évidence fragile : même à l’hôpital, un enfant a besoin de jouer, d’apprendre, de rire, de choisir.

La « bulle magique » des jeunes patients havrais est une petite pièce imaginaire ajoutée à l’hôpital, avec des crayons pour murs et, au centre, un enfant qui reprend la main sur son dessin.

Sources consultées
  1. Ville du HavreUne bulle d’évasion pour les enfants hospitalisés
  2. Juste HumainConcours Dessins 2026
  3. Groupe Hospitalier du HavrePédiatrie médicale
  4. Groupe Hospitalier du HavreQuand les enfants hospitalisés accueillent Mascarade