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Au Havre, le CMA CGM Notre-Dame raconte surtout l’histoire de Port 2000

Baptisé au Havre, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français rappelle ce qui fait la place portuaire de Port 2000.

Porte-conteneurs à quai au Havre

Le CMA CGM Notre-Dame a été baptisé au Havre le 2 juillet. Avec ses 399 mètres de long, ses 61,3 mètres de large et une capacité de 24 000 EVP, équivalents vingt pieds, il devient le plus grand porte-conteneurs exploité sous pavillon français.

L’image est facile à comprendre: un navire immense, un nom patrimonial, une cérémonie à quai. Mais l’histoire havraise est moins dans la coque que dans ce qui l’accueille. Si ce géant peut faire escale au Terminal de France, c’est parce que Le Havre a fait, depuis les années 1990, un choix d’infrastructure massif: construire Port 2000 pour rester dans la course des très grands porte-conteneurs.

Port 2000 n’est pas un simple alignement de quais. C’est un port en eau profonde, ouvert aux plus grands navires 24 heures sur 24, sans contrainte de marée. HAROPA Port y compte 4,2 kilomètres de quais, 12 postes à quai, un cercle d’évitage de 700 mètres et plus d’un milliard d’euros d’investissements. Le Terminal de France, où le Notre-Dame est resté à quai, ajoute près de 90 hectares, 1 400 mètres de quai, quatre postes et 1,5 million d’EVP de capacité annuelle.

Ces chiffres disent le prix de la massification maritime. Accueillir un navire de 24 000 EVP ne consiste pas seulement à disposer d’assez d’eau sous la coque. Il faut des quais résistants, des portiques, des terre-pleins, des équipes de manutention, des services portuaires, puis des routes, des trains et des barges pour éviter que la performance maritime ne se bloque dès la sortie du terminal. Un conteneur débarqué au Havre n’a de valeur économique que s’il peut continuer sa route.

Le baptême dépasse alors la photo officielle. HAROPA Port a annoncé pour 2025 un record de 3,2 millions d’EVP traités sur l’axe Seine, en hausse de 4 %. Ce volume ne relève pas du seul Havre, mais il montre le rôle de la place havraise dans une chaîne qui va du quai normand aux terminaux intérieurs, jusqu’aux portes de Paris. Dans cette compétition, les ports ne gagnent pas seulement avec de grands navires. Ils gagnent quand l’arrière-port tient.

Le Notre-Dame ajoute une dimension nationale à cette mécanique locale. Il est le premier d’une série de dix porte-conteneurs de 24 000 EVP propulsés au GNL, que CMA CGM annonce sous pavillon français. Selon l’armateur, cette série doit faire passer sa flotte sous pavillon français de 30 à 40 navires d’ici janvier 2028 et s’accompagner du recrutement de 135 marins français. Le pavillon renvoie ici à des règles, à une filière de formation, à des officiers et à des emplois qualifiés, pas seulement à une couleur au mât.

Sur l’environnement, le bilan reste plus limité. Le GNL réduit certains polluants par rapport aux carburants marins conventionnels, mais il reste un carburant fossile. Dans un secteur soumis à des objectifs de réduction des émissions, notamment avec FuelEU Maritime en Europe depuis 2025, ces navires incarnent une transition industrielle encore incomplète.

Après la liaison Le Havre-Göteborg lancée par CMA CGM, le baptême du Notre-Dame confirme la place du Havre dans les choix de l’armateur. Il raconte surtout une chose plus durable: la souveraineté maritime française se mesure aussi en profondeur d’eau, en mètres de quai et en conteneurs capables de quitter Port 2000 sans perdre de temps.

Sources consultées
  1. Ville du HavreLe plus grand porte-conteneurs du monde sous pavillon français baptisé au Havre
  2. CMA CGM GroupCMA CGM baptise le CMA CGM NOTRE DAME, le plus grand porte-conteneurs au monde battant pavillon français
  3. HAROPA PORTPort 2000
  4. HAROPA PORTTerminal de France
  5. HAROPA PORTRecord traffic and growing modal share in 2025 on the Seine corridor
  6. European CommissionDecarbonising maritime transport, FuelEU Maritime