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Au Havre, le port devient salle de classe pour penser 2050

La Summer School « Ports of the Future » a réuni 28 étudiants autour du port, de l’estuaire, des écoles havraises et de la robotique.

Illustration - Port du Havre

Du 15 au 19 juin, l’Université Le Havre Normandie a fait travailler 28 étudiants de 13 pays sur une question qui dépasse largement les quais : à quoi ressemblera un port en 2050, quand il devra à la fois décarboner, automatiser, absorber des flux mondiaux et mieux vivre avec sa ville ?

Cette deuxième école d’été « Ports of the Future » avait déjà été annoncée au printemps, lorsque nous racontions comment les ports du futur se travaillent aussi en salle de cours. Le bilan publié le 24 juin ajoute ce qui manquait alors : Le Havre n’a pas servi seulement de décor universitaire, mais de terrain complet d’apprentissage.

Les participants, venus de 15 universités, mêlaient ingénierie, logistique, économie, gestion, droit, environnement et sciences humaines. Ce croisement n’est pas un raffinement pédagogique. Un port moderne ne se transforme pas par une seule solution technique. Une grue automatisée change le travail. Un terminal plus fluide modifie les flux routiers et ferroviaires. Une stratégie bas-carbone touche les navires, l’énergie à quai, l’industrie voisine et l’arrière-pays. Un outil numérique pose aussi des questions de confiance, de données et de souveraineté logistique.

La semaine a donc fait circuler les étudiants entre plusieurs morceaux du système havrais : Port 2000, les applications de robotique industrielle chez Proxinnov, l’École nationale supérieure maritime, l’estuaire vu depuis la mer, l’Agence d’urbanisme de la région du Havre et de l’estuaire de la Seine, le Havre Port Center, la Maison de l’Armateur et le centre reconstruit. Le même objet, le port, était regardé tour à tour comme infrastructure, chaîne logistique, espace habité, lieu de patrimoine et laboratoire climatique.

Le Havre a une carte particulière. Le Campus Polytechnique des Territoires Maritimes et Portuaires veut faire du bassin havrais un « laboratoire à ciel ouvert » des transitions maritimes et portuaires. La formule prend du relief quand elle s’appuie sur un port réel : Haropa Port a traité en 2025, à l’échelle de l’axe Seine, 84,7 millions de tonnes de marchandises et un record de 3,2 millions d’EVP. Les questions posées aux étudiants ne relèvent donc pas d’un exercice abstrait. Elles touchent un équipement qui compte dans la logistique française.

L’échelle européenne renforce l’exercice. L’école était organisée dans le cadre d’un programme intensif hybride Erasmus+ et reliée à EUNICoast, alliance universitaire coordonnée par l’Université Le Havre Normandie autour des territoires côtiers, portuaires et insulaires. L’édition 2026 est présentée comme la première école saisonnière de cette alliance. Pour un campus havrais, l’intérêt est évident : comparer ses propres contraintes avec celles d’autres façades maritimes.

Le bilan ne détaille pas les projets finaux présentés devant le jury. On ne peut donc pas juger une solution sortie de la semaine. Ce que l’on voit, en revanche, est une capacité locale : faire entrer dans la même discussion le terminal, l’école maritime, la robotique, l’urbanisme, l’estuaire et des étudiants étrangers. Au Havre, penser le port du futur commence par marcher dans le port réel.

Sources consultées
  1. Université Le Havre Normandie« Ports of the Future » : une semaine internationale au cœur des défis portuaires et maritimes de demain
  2. Campus Polytechnique des Territoires Maritimes et PortuairesLe Campus Polytechnique des Territoires Maritimes et Portuaires
  3. Université Le Havre NormandieEUNICoast : une alliance européenne portée par l’Université Le Havre Normandie
  4. HAROPA PORTRecord traffic and growing modal share in 2025 on the Seine corridor