Fécamp Caux Littoral Agglomération lance un diagnostic de trois ans sur son assainissement collectif. L’avis rectificatif publié le 25 juin porte sur un diagnostic, un schéma directeur et un zonage d’assainissement à l’échelle de l’agglomération, avec la régie communautaire de Fécamp et trois syndicats intracommunautaires : Fécamp-Sud-Ouest, Colleville et Toussaint-Contremoulins.
Les offres sont désormais attendues jusqu’au 31 juillet 2026 à midi. Le marché doit commencer le 1er octobre et durer 36 mois. Son montant n’est pas indiqué dans l’avis accessible, mais l’objet dit déjà l’essentiel : il ne s’agit pas d’une réparation ponctuelle. L’agglomération veut savoir où concentrer ses prochains travaux.
Le calendrier tombe juste après l’épisode de la station de traitement des eaux usées de Fécamp. L’équipement a connu deux pannes techniques rapprochées, ajoutées à un orage dans la nuit du 15 au 16 juin et à une grande marée de coefficient 95. Un déversement ponctuel d’eaux usées prétraitées a eu lieu dans la Valmont le 16 juin au matin, avant un retour à la normale le 18 juin, selon Fécamp Caux Littoral. Nous avions raconté cet épisode dans notre article sur la station et la plage de Fécamp.
Le nouveau marché change l’échelle du sujet. La station de la ZAC de la Vallée, mise en service en 1991, affiche une capacité nominale de 37 000 équivalents-habitants, avec une pointe à 45 450. Le rapport 2024 du service indique des bilans conformes à 100 % sur les paramètres suivis. La question n’est donc pas seulement de savoir si l’usine traite correctement. Elle est de savoir ce qui arrive dans l’usine, par quels tuyaux, avec quelle pluie, et par quels points faibles.
À Fécamp, le service d’assainissement collectif dessert 18 334 habitants et 9 646 abonnés. Son réseau compte 114,1 km de canalisations, dont 66,93 km en unitaire. Dans cette partie du réseau, les eaux usées et une partie des eaux pluviales circulent dans la même conduite. Quand un orage charge le réseau, le système doit traiter les eaux domestiques, mais aussi absorber le ruissellement qui descend vers la vallée, la rivière et le littoral.
Le rapport recense 23 ouvrages destinés à maîtriser les déversements vers le milieu naturel par temps de pluie. Il liste aussi 18 “points noirs”, ces secteurs qui exigent des interventions répétées. L’exemple donné est parlant : au quai Guy de Maupassant, angle sente Bellet, le curage préventif s’explique par une faible pente et des bouchages fréquents.
Le futur schéma directeur devra donc servir à choisir. Où séparer les réseaux ? Où stocker quand il pleut ? Où renouveler d’abord ? Où le zonage collectif reste-t-il pertinent ? Le besoin est d’autant plus net que l’indice de connaissance patrimoniale du réseau reste à 25 sur 120. Les plans existent, mais la date de pose n’est connue que sur 10,3 % du linéaire et l’altimétrie sur 6 %. Pour une ville en pente, ce n’est pas un détail de géomètre.
Fécamp investit déjà. En 2024, la régie a engagé 1,63 million d’euros HT de travaux, dont 1,04 million pour un poste de refoulement et un bassin de stockage-restitution. Le programme pluriannuel prévoit notamment l’extension du réseau rue Queue de Renard, la mise en séparatif rue Herbeuse en 2026, et une mise en conformité du secteur Quai Bérigny estimée à 900 000 euros.
Le choix qui s’ouvre est moins visible qu’une pelleteuse au milieu d’une rue, mais il commande les suivantes. Un schéma directeur ne nettoie pas une rivière par lui-même. Il peut, en revanche, éviter de réparer au hasard dans une ville où les eaux usées, l’eau de pluie, la pente des rues et la Valmont finissent toujours par se rejoindre.
Sources consultées
- BOAMP via France MarchésAvis n° 26-63096 du 25/06/2026, Étude diagnostique, schéma directeur et zonage d’assainissement
- Fécamp Caux Littoral AggloStation de traitement des eaux usées de Fécamp : information
- Fécamp Caux Littoral AggloEau et assainissement
- Observatoire Sispea / EaufranceRPQS 2024, Régie d’assainissement collectif de Fécamp
- LégifranceArticle L2224-10 du Code général des collectivités territoriales