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Au Havre, un petit fonds pour faire tester les idées portuaires

Le Campus Polytechnique lance 60 000 euros pour amorcer de nouvelles collaborations de recherche sur les ports du futur.

Illustration - Recherche portuaire au Havre

Au Havre, les ports du futur passent aussi par des financements modestes, mais ciblés. Le Campus Polytechnique des Territoires Maritimes et Portuaires lance un fonds d’amorçage de 60 000 euros pour financer des collaborations de recherche nouvelles, avant le prototype solide, le partenariat industriel ou le grand appel à projets.

Après l’école d’été « Ports of the Future » déjà présentée par La Clé Publique, l’université passe à une étape moins visible : payer le premier pas entre laboratoires. Une preuve de concept, un terrain à ouvrir, un capteur à tester, une cartographie, un jeu de données, un guide ou un livre blanc.

Le fonds est réparti entre les trois Équipes Communes de Recherche du campus, à raison de 20 000 euros chacune. Les projets pourront recevoir de 3 000 à 6 000 euros, et jusqu’à 10 000 euros s’ils associent plus largement disciplines et laboratoires. Les dossiers sont à déposer avant le 31 août 2026 sur la plateforme de candidature de l’Université Le Havre Normandie. Les résultats sont annoncés pour fin septembre, avec un démarrage prévu en octobre ou novembre.

Les critères donnent le ton. Un projet devra associer au moins deux laboratoires, deux disciplines, et inclure au moins un laboratoire de l’Université Le Havre Normandie. Il devra aussi créer une collaboration nouvelle. L’appel exclut les partenariats déjà installés, l’achat isolé de matériel, les colloques sans retombée collective et les dépenses ordinaires de laboratoire. L’argent ne sert donc pas à entretenir l’existant. Il sert à provoquer une rencontre de travail.

Pour un port, cette règle n’est pas secondaire. Les problèmes qui arrivent sur les quais ne rentrent pas proprement dans une seule case universitaire : logistique intelligente, cybersécurité, navires autonomes, décarbonation, biodiversité, risques industriels, montée des eaux, nuisances urbaines, acceptabilité sociale. L’appel cite notamment les capteurs, la modélisation, les observatoires, les jumeaux numériques, l’intelligence artificielle et les outils d’aide à la décision. Ces mots peuvent vite devenir du décor. Ici, ils sont ramenés à une question simple : quel petit test peut permettre de savoir si une idée mérite une suite ?

Le Havre a une raison sérieuse de financer ce moment d’amorçage. Le projet PolyCampus LH 2030, porté par l’Université Le Havre Normandie avec l’ENSAN et l’ESADHaR, représente 13,3 millions d’euros sur sept ans, avec un financement ANR de 7,3 millions d’euros. Il doit structurer la formation et la recherche autour des territoires maritimes et portuaires. À quelques kilomètres, l’axe HAROPA a traité 84,7 millions de tonnes de marchandises en 2025 et atteint un record de 3,2 millions d’EVP. La recherche havraise ne regarde donc pas un objet lointain : elle travaille au bord d’un système logistique, industriel et écologique déjà sous contrainte.

La maturité attendue reste celle de l’amorçage. Le dossier de candidature demande un état de l’art, des actions précises, un livrable et des suites possibles : dépôt ANR, Horizon Europe, publication, partenariat industriel, nouveau terrain. Les projets devront se terminer au plus tard en décembre 2027, avec une restitution commune à l’automne. Le prochain résultat havrais pourrait être discret : une sonde, une carte, une méthode ou un prototype né entre deux laboratoires qui ne s’étaient pas encore vraiment parlé.

Sources consultées
  1. Université Le Havre NormandieAppel à manifestation d’intérêts, Fonds d’amorçage 2026, Équipes Communes de Recherche
  2. Université Le Havre NormandieGrands projets
  3. HAROPA PORTRecord traffic and growing modal share in 2025 on the Seine corridor