À Tancarville, la circulation sera aménagée sur la D982 à partir du 29 juin et jusqu’en novembre, annonce RTE. La raison tient sous la chaussée : le gestionnaire du réseau électrique engage les travaux d’une liaison souterraine 225 000 volts entre Sandouville et Saint-Jean-de-Folleville.
Le détail du plan de circulation n’a pas encore été rendu public. Mais l’endroit explique déjà pourquoi ce chantier est sensible. Sous le pont de Tancarville, la route passe dans un resserrement entre la falaise, les accès industriels et les itinéraires de poids lourds. Lors de l’enquête publique, la commune de Tancarville a indiqué que la RD982 supportait 12 000 véhicules par jour, dont 1 200 poids lourds. Pour quelques mois, cet axe va porter une partie du chantier électrique de la vallée de la Seine.
La liaison concernée n’est pas un câble isolé. Elle fait partie de la tranche 2 du projet RTE « Transition énergétique des Boucles de la Seine », estimée à 380 millions d’euros. Cette tranche comprend notamment une double liaison souterraine 225 kV d’environ 19 km entre le futur poste de Noroit, à Sandouville, et le futur poste de Roseaux, à Saint-Jean-de-Folleville. Elle prévoit aussi une ligne aérienne 400 kV, un poste électrique d’environ 7 hectares à Roseaux et le démontage d’une ancienne liaison aérienne 225 kV.
La logique est simple, mais elle se voit rarement depuis la route : pour électrifier l’industrie, il ne suffit pas que les usines veuillent consommer moins d’énergie fossile. Il faut que le réseau puisse transporter davantage d’électricité. Dans le dossier d’enquête, la « poche électrique » du Havre dispose en 2025 d’une capacité de 1,5 GW, avec une réserve inférieure à 0,5 GW. RTE dit avoir reçu depuis 2019 des demandes de raccordement ou des études représentant jusqu’à 5 GW, dont 1,16 GW pour des projets jugés assez avancés. L’ensemble doit ajouter 1,5 GW de capacité.
C’est le prolongement très physique d’un sujet déjà ouvert par La Clé Publique sur les PLU modifiés pour brancher l’industrie des Boucles de la Seine. Après les documents d’urbanisme, le chantier descend dans le sol.
Le choix du souterrain réduit l’impact visuel durable, mais il déplace la contrainte vers les routes, les champs, les zones humides et les réseaux déjà enterrés. Sur la RD982, cette contrainte a été discutée pendant l’enquête publique. Après les observations de la commune, des acteurs industriels et du transport routier, RTE a prévu de réduire d’environ 200 mètres la portion de ligne implantée sous chaussée, en la faisant passer davantage en champ. Les travaux nécessaires au niveau de la RD982 pourront aussi être réalisés sur une plage étendue, de 5 h 30 à 23 h 30, lors des périodes les plus favorables, pour raccourcir la durée du chantier.
Le projet doit être mis en service d’ici 2031. D’ici là, à Tancarville, la transition électrique aura une forme moins spectaculaire qu’un nouveau pylône : des engins, des barrières, une route contrainte et un câble haute tension qui prendra place sous la D982.