Rouen tient sa date : l’Armada reviendra du 17 au 27 juin 2027 sur les quais de Seine. Le compte à rebours a été lancé depuis le Belem, amarré près du musée Maritime, un an avant l’arrivée des bateaux.
Le programme complet n’a pas encore été publié. Mais les premiers contours suffisent à donner la mesure du retour : la Ville annonce une quarantaine de navires, dont dix déjà nommés, parmi lesquels le Belem, l’Eendracht, Le Français, le Gulden Leeuw, le Santa Maria Manuela, le Statsraad Lehmkuhl, le Thalassa, le Vera Cruz, l’Étoile du Roy et La Recouvrance. Des drakkars, caravelles et navires historiques venus notamment de Norvège et du Danemark doivent s’y ajouter dans le cadre de Millenium 2027, l’année européenne des Normands.
À Rouen, l’Armada change l’usage du fleuve. Pendant dix jours, les quais ne servent plus seulement de bordure, de promenade ou d’arrière-plan portuaire : ils deviennent une rue immense, ouverte aux familles, aux curieux, aux anciens qui comparent les éditions et aux enfants qui découvrent la hauteur d’un mât avant de connaître le nom du navire.
Les rendez-vous annoncés reprennent les habitudes populaires de l’événement : défilé des marins, Grande Pagaille et ses objets flottants improbables, footing des marins, concerts, feux d’artifice, spectacle de drones et Grande Parade. Michel Bussi sera de nouveau parrain, avec un concours de nouvelles destiné aux élèves des écoles, collèges et lycées. Le port, le fleuve, la fiction et la fête se retrouvent ainsi dans le même calendrier.
Derrière cette apparente facilité, l’organisation demande beaucoup de monde. L’association Armada de la Liberté, créée en 1989, prépare la 9e édition avec ses bénévoles. La Ville évoque environ 600 volontaires mobilisés pour 2027. L’association recherche déjà certains profils, notamment en informatique, travaux et sécurité ; les candidats peuvent proposer leur candidature auprès de l’Armada.
Les documents publics donnent aussi l’échelle matérielle de la fête. Le dossier présenté à la Métropole Rouen Normandie mentionne un budget de 8,5 millions d’euros pour l’Armada 2027, avec une participation métropolitaine évaluée à 2 millions d’euros, dont 1 million en subvention directe. Le reste passe aussi par des choses moins visibles qu’un trois-mâts : escaliers pour le public, eau, assainissement, transports.
Ce retour arrive dans une période où les rives rouennaises font l’objet de choix très concrets, y compris industriels, comme l’a montré récemment l’appel à projets d’Haropa sur 39 hectares de rive gauche. L’Armada montre une autre manière d’occuper le port : quelques jours durant, les quais deviennent un espace commun. En juin 2027, Rouen les remettra au centre de la ville.