L’usine Siemens Gamesa du Havre a inauguré son extension. Le site gagne 12 700 m², approche désormais les 80 000 m² de surface et doit fabriquer des pales de 115 mètres pour les grandes éoliennes en mer. L’industriel engage environ 200 millions d’euros dans l’opération et annonce 200 emplois supplémentaires.
La taille de ces pales donne la vraie mesure du sujet. Une pièce de 115 mètres ne traverse pas facilement un territoire par la route. Elle se fabrique, se stocke, se manœuvre et s’embarque dans un lieu capable d’absorber sa longueur. Au Havre, l’éolien offshore tient donc autant à l’énergie qu’à la géographie: il lui faut un port, de grands terre-pleins, des quais adaptés et un embarquement direct vers la mer.
Le site havrais occupe 36 hectares dans la zone industrialo-portuaire, entre les bassins Bellot et Théophile Ducrocq. HAROPA PORT a aménagé deux quais de 200 mètres, dont un quai prévu pour les navires chargeant des composants lourds, et rappelle avoir consacré 183 millions d’euros d’investissements publics à l’accueil de l’usine: 92 millions pour les quais, 48 millions pour les accès, les réseaux et le remembrement de la zone, 43 millions pour les terre-pleins. Environ 30 hectares de surfaces portuaires sont déjà mobilisés pour la manutention et le stockage de composants d’éoliennes.
Voilà ce que l’extension rend visible. Siemens Gamesa ne grossit pas dans n’importe quel décor industriel. L’entreprise s’appuie sur un morceau de port organisé pour des objets hors norme. En retour, le port réserve du foncier rare, des quais et des équipements spécialisés à une filière dont les cadences dépendent de commandes longues, de calendriers énergétiques et de marchés européens.
Le Havre a déjà commencé à travailler à cette nouvelle taille. En mai 2026, les premières pales B115 produites dans l’usine agrandie ont été expédiées vers le parc éolien Thor, au Danemark. Siemens Gamesa doit y produire 63 pales de 115 mètres pour des turbines SG 14-236 DD.
Cette dimension européenne compte pour la Seine-Maritime. La France prévoit, dans sa programmation énergétique 2026-2035, 15 GW d’éolien en mer installés en 2035, 18 GW en 2037 et une trajectoire vers 45 GW en service en 2050. Ces chiffres ne deviennent concrets que si des ports savent fabriquer, déplacer et charger les machines. Le Havre n’est pas seulement un point sur la carte de la transition énergétique. C’est l’un des endroits où elle prend du poids, de la longueur et de l’encombrement.
Le coût précis des aides publiques liées à l’extension elle-même n’apparaît pas clairement dans les sources disponibles. Mais le socle territorial, lui, est connu: des quais, des hectares, des accès et une zone portuaire capables d’accueillir des pales plus longues qu’un terrain de football. À quelques centaines de mètres de l’ancienne centrale à charbon, le Havre prépare désormais des pièces d’éoliennes qui partiront par bateau.
Sources consultées
- HAROPA PORTAu Havre, l’usine Siemens Gamesa poursuit son développement
- HAROPA PORTLa filière de l’éolien en mer s’ancre au Havre
- Le Havre Seine DéveloppementSiemens Gamesa Renewable Energy
- OffshoreWIND.bizSiemens Gamesa Ships First 115-Metre Blades Produced in Le Havre to Thor Offshore Wind Farm
- Ministère de la Transition écologiqueÉolien en mer