Haropa Port remet en appel à projets près de 39 hectares à Grand-Quevilly et Petit-Couronne, sur la rive gauche de la Seine. Les entreprises ont jusqu’au 25 septembre 2026 à 16 h pour remettre une offre initiale, avant une attribution envisagée au premier trimestre 2027.
Le périmètre réunit trois fonciers distincts, deux fonciers contigus formant un ensemble non sécable, et le plan d’eau de la darse des docks. Au total : 390 682 m², dont 179 150 m² de plan d’eau, 51 025 m² pour le site Charvet, 24 265 m² pour l’ancien secteur des Hauts-Fourneaux de Rouen, et 136 242 m² pour les fonciers référencés 4771 et 5716. Les candidats peuvent consulter le dossier de consultation publié par Haropa Port.
Ce n’est pas une vente. Haropa cherche à attribuer une ou plusieurs conventions d’occupation temporaire. La durée sera ajustée aux investissements proposés. La redevance minimale de base est fixée à 6,487 € HT par m² et par an, avec possibilité de surenchère, redevances complémentaires, et hausse du tarif en l’absence de trafic maritime ou fluvial. Rapporté à l’ensemble du périmètre, ce tarif donne un ordre de grandeur supérieur à 2,5 millions d’euros par an, avant toute modulation.
La sélection dira donc beaucoup sur ce que le port veut faire de cette rive gauche. La valorisation économique pour Haropa comptera pour 60 % de la note. L’apport à l’écosystème portuaire et territorial comptera pour 25 %. L’intégration dans l’environnement comptera pour 15 %. L’argent est central, mais un projet qui n’aurait pas de lien avéré avec la zone industrielle ou portuaire peut être écarté.
Haropa ne cherche donc pas seulement un occupant solvable. Le port demande aux candidats d’expliquer leur activité, leurs flux, leurs emplois possibles, leur montage financier, leurs nuisances, leur gestion des déchets, leurs émissions, leurs besoins en eau, énergie ou matières premières, et leur compatibilité avec les règles applicables. Le foncier devient un filtre industriel.
Ces terrains arrivent avec leur géographie industrielle. Ils sont dans un secteur déjà marqué par la chimie, la métallurgie, l’agro-industrie et le BTP. Ils sont proches d’appontements ou de quais permettant l’importation ou l’exportation de vracs liquides ou solides. Ils sont desservis par le boulevard Maritime, la route des Docks et l’accès à la N338. Mais ils sont aussi pris dans les règles du PLUi, du risque technologique, du risque d’inondation, de la loi sur l’eau et des installations classées. Le site Charvet est traversé par une canalisation d’ammoniac liée à LAT Nitrogen, et environ 4 000 m² pourraient être réservés à un opérateur public pour des raisons d’intérêt général.
La Clé Publique avait déjà montré au printemps comment Haropa faisait du foncier rouennais un outil de sélection industrielle. Le nouveau dossier confirme cette ligne, avec une pièce plus complexe : du terrain, du plan d’eau, des accès routiers, des risques industriels, des usages énergétiques possibles, et une question simple pour chaque candidat : que faites-vous ici que le port ait intérêt à accueillir ?
Cette logique s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 de Haropa, qui présente l’axe Seine comme un corridor bas-carbone et prévoit plus d’un milliard d’euros d’investissements sur la période. À Grand-Quevilly et Petit-Couronne, elle se joue dans des lieux précis. Avant de parler de réindustrialisation, il faut décider qui peut occuper la darse des docks, le site Charvet, l’ancien secteur des Hauts-Fourneaux et les terrains bordant le boulevard Maritime.
Sources consultées
- HAROPA PORT Real EstateDossier de consultation, attribution d’une ou plusieurs conventions d’occupation temporaire, multi-sites Quevilly / Couronne
- Rouen Normandy InvestÀ Rouen, HAROPA PORT lance un appel à projets sur 39 hectares
- HAROPA PORTEnjeu 5 : asseoir le modèle économique au service du développement