Route de Mirville, à Bolbec, l’ancienne gare de marchandises de la SNCF change de rôle. Abandonné depuis près de vingt ans, le terrain devient un bassin d’orage de 14 500 m³, destiné à retenir l’eau de pluie avant qu’elle ne rejoigne le centre-ville.
Caux Seine agglo a lancé le chantier en mars sur un terrain de près de 10 000 m², acquis en mars 2025. L’ouvrage, annoncé opérationnel à l’automne, coûte plus d’1,3 million d’euros. Il sera le plus grand des six aménagements prévus par l’agglomération dans son programme de lutte contre les inondations à Bolbec, estimé à près de 7 millions d’euros.
Le bassin doit capter temporairement les eaux venues des bassins versants de Nointot, Beuzeville-la-Grenier et Mirville, puis les relâcher progressivement par une canalisation de débit de fuite. L’ouvrage est dimensionné pour une pluie décennale de trois heures, un épisode qui a statistiquement une chance sur dix de se produire chaque année.
À Bolbec, l’eau n’arrive pas au hasard. Le centre se trouve en fond de vallée, autour de la place Léon-Desgenétais, là où convergent les ruissellements et le lit en partie souterrain de la rivière de Bolbec. Lors de la forte inondation du 19 juillet 2014, l’étude d’impact examinée par l’autorité environnementale relevait plus d’un mètre d’eau au point bas de la rue Jacques-Fauquet et environ 50 centimètres rue Thiers. Les secteurs cités comme exposés comprennent aussi la rue Léon-Gambetta.
Le bassin de Mirville s’inscrit donc dans une mécanique plus large: retenir en amont, soulager le centre-ville, redonner de l’espace à l’eau quand c’est possible. Le programme comprend notamment les ouvrages du Val Ricard et de la rue Charles-Sorieul, le bassin de Mirville, des zones d’expansion des crues et un bras de décharge rue Gambetta. Ce n’est pas une collection de chantiers dispersés, mais une chaîne placée sur le trajet de l’eau.
Le choix de l’ancienne gare donne au chantier une seconde utilité. Avant de stocker l’eau, il a fallu nettoyer le passé industriel du site: traverses, rails et terres polluées ont été retirés. Caux Seine agglo indique avoir envoyé en valorisation 50 tonnes de traverses et 700 mètres linéaires de rails. L’agglomération a aussi retenu, en cours de chantier, une solution mêlant le limon du site à du compost local pour former les pentes végétalisées du bassin, avec une économie annoncée d’environ 7 000 euros.
La limite du dispositif tient à ce qu’il traite surtout l’eau une fois qu’elle ruisselle déjà. Dans son avis sur le programme, l’autorité environnementale recommandait d’étudier davantage la désimperméabilisation des sols, afin de réduire les apports vers le centre-ville et vers l’aval. Le stockage est utile, mais les surfaces imperméabilisées et les futurs aménagements déterminent aussi la quantité d’eau qui finit dans le réseau.
Le chantier aura un effet immédiat sur la circulation. Du 6 juillet au 15 août, la route départementale 72, appelée localement route de Mirville, sera coupée entre les numéros 280 et 390 pour poser la canalisation de débit de fuite du bassin. Les déviations seront levées le 13 juillet pour les festivités de la fête nationale. Ensuite, le nouvel ouvrage restera là, route de Mirville, pour garder une partie de l’orage avant qu’il ne descende vers Bolbec.
Sources consultées
- Caux Seine aggloUn nouveau bassin d’orage créé route de Mirville à Bolbec
- Caux Seine aggloCaux Seine agglo protège Bolbec contre les inondations !
- MRAe NormandieAvis délibéré n°2022-4716, création d’un canal de décharge dans le cadre du programme de lutte contre les inondations dans le centre-ville de Bolbec