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À Gonfreville-l’Orcher, le chauffage collectif avance sous les rues

Dans l’est de Gonfreville-l’Orcher, 1,5 km de réseau de chaleur vont être ajoutés pour raccorder bâtiments publics et logements sociaux.

Canalisations de chaleur sous une rue

Dans l’est de Gonfreville-l’Orcher, le chantier sera plus visible que le changement final. Pendant plusieurs mois, les habitants verront surtout des rues ouvertes, des canalisations posées et des sous-stations installées. Une fois le raccordement fait, le chauffage continuera simplement d’arriver dans les bâtiments. La différence sera sous la chaussée.

Les travaux ont commencé le 22 mai et doivent durer jusqu’en octobre 2026. Le Havre Seine Métropole prévoit d’ajouter 1,5 km au réseau de chaleur de Gonfreville-l’Orcher, avec 11 nouvelles sous-stations. L’extension doit raccorder 200 équivalents logements supplémentaires, dont des bâtiments municipaux et des logements sociaux, à partir du secteur de la salle des fêtes Arthur-Fleury, de l’ESAT de l’Estuaire, du stade et de la rue de Turgauville.

L’expression “équivalents logements” compte ici. Elle ne signifie pas nécessairement 200 appartements raccordés un par un, mais une quantité de chaleur comparable à celle consommée par 200 logements moyens. Rapportée au réseau existant, l’extension n’est pas anecdotique : mis en service en 2008, celui-ci dessert déjà environ 1 800 équivalents logements sur 4 km.

Le principe est simple. La chaleur est produite dans une chaufferie centrale, circule dans des canalisations, puis arrive dans les bâtiments par des sous-stations. Pour les habitants, le changement se verra moins dans les radiateurs que dans l’organisation du chauffage : source d’énergie, maintenance, contrat collectif et charges.

À Gonfreville-l’Orcher, le réseau fonctionne aujourd’hui à 92 % grâce à une chaufferie biomasse, selon la métropole. Celle-ci précise qu’elle utilise du bois de classe A, non traité. Les travaux doivent aussi remplacer l’appoint au fioul par une chaudière gaz rue Pierre-Glenisson. Le gaz reste une énergie fossile, mais il remplace ici un appoint au fioul, plus émetteur.

La promesse la plus concrète concerne les dépenses de chauffage. La métropole parle d’une meilleure maîtrise de la facture énergétique pour les nouveaux abonnés. C’est un objectif crédible pour du chauffage collectif, mais pas une garantie de baisse immédiate pour chaque foyer : tout dépendra des contrats, des bâtiments raccordés et de la manière dont les charges seront réparties.

Ce chantier communal s’inscrit dans un mouvement plus large. En 2024, la France comptait 1 041 réseaux de chaleur, pour près de 7 944 km de canalisations et 28,3 TWh de chaleur livrée. Le résidentiel en est le premier usage. À Gonfreville-l’Orcher, cette tendance prend une forme très ordinaire : quelques rues ouvertes, des tuyaux enterrés, des bâtiments publics et sociaux raccordés un à un.

Ce n’est pas le chauffage du futur façon science-fiction. C’est le chauffage du quotidien façon travaux publics : moins photogénique, souvent plus utile.