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Autour du Havre, l’eau potable se travaille aussi dans les champs

Le Havre Seine Métropole finance quatre ans d’accompagnement agricole autour de ses captages, pour protéger l’eau avant l’usine.

Champs et eau potable

Le Havre Seine Métropole vient d’attribuer quatre ans d’accompagnement agricole autour de ses captages d’eau potable. Le contrat ne se verra pas depuis la rue: il finance des réunions, des essais, des conseils techniques et du suivi d’exploitations. Mais il touche une question que tout le monde comprend très bien: ce qu’il faut faire avant que l’eau n’arrive à l’usine, puis au robinet.

Deux lots ont été confiés au CIVAM Allouville, pour un total d’un peu plus de 257 000 €. Le premier porte sur la réduction des produits phytosanitaires en grandes cultures. Le second vise la gestion des prairies en élevage bovin. En clair: moins corriger l’eau à la fin, quand c’est possible, et mieux protéger la ressource là où elle se forme.

Ces actions se concentrent sur les aires d’alimentation de captage, ces surfaces où l’eau s’infiltre ou ruisselle avant de rejoindre les sources et forages utilisés pour produire l’eau potable. Autour du Havre, la métropole indique que 13 captages, répartis sur près de 450 km², alimentent environ 280 000 habitants. Six bassins font déjà l’objet d’un suivi et de programmes d’action.

Le sujet n’est pas de faire porter toute la responsabilité aux agriculteurs. Il est plus concret que cela: une collectivité d’eau a besoin de travailler avec les exploitants qui cultivent ou élèvent sur les zones où se prépare une partie de l’eau potable. Cela peut passer par du désherbage mécanique, des rotations différentes, le maintien de prairies, des haies, des bandes enherbées, ou des ajustements de pâturage. Rien qui se règle en une réunion. D’où le contrat sur quatre ans.

Le Havre Seine Métropole n’en est pas à son premier essai. Depuis 2022, elle soutient déjà deux groupes d’agriculteurs sur ces sujets, l’un en grandes cultures, l’autre en élevage bovin. En 2024, 153 agriculteurs avaient aussi contractualisé pour maintenir 2 515 hectares en herbe dans les bassins d’alimentation de captage. Ce nouveau marché prolonge donc une politique de prévention, plus discrète qu’une usine, mais parfois plus décisive.

La pression ne concerne pas seulement Le Havre. Dans sa feuille de route 2025 sur les captages, l’État rappelle que 14 300 captages d’eau potable ont été fermés en France entre 1980 et 2024, dont environ 4 600 pour des problèmes de qualité liés aux pesticides ou aux nitrates. La donnée donne du relief au choix havrais: protéger une ressource avant qu’elle se dégrade peut éviter, demain, des traitements plus coûteux ou des solutions de remplacement.

En Seine-Maritime, le sujet rejoint l’autre versant de l’eau potable déjà visible sur la Côte d’Albâtre, où une usine de traitement se prépare derrière l’eau du robinet. Autour du Havre, la réponse passe cette fois par les champs, les prairies et des collectifs d’agriculteurs. Si cela fonctionne, les habitants ne verront sans doute rien. C’est précisément le but: une eau qui arrive au robinet sans que l’usine ait dû tout rattraper au dernier moment.