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À Mont-Saint-Aignan, Béthel prépare un Ehpad public plus ouvert sur le quartier

La reconstruction de l’Ehpad Béthel prévoit 80 lits, un accueil de jour, un jardin protégé et des espaces partagés.

Illustration - Ehpad public à Mont-Saint-Aignan

Un Ehpad se joue parfois dans des détails très simples: une chambre assez grande pour recevoir, un jardin accessible sans inquiétude, un couloir qui ne fatigue pas tout le monde, un lieu où les familles ne se sentent pas seulement de passage. À Mont-Saint-Aignan, la reconstruction de Béthel part de là.

Le futur établissement, porté par le Centre d’hébergement gérontologique La Filandière, doit compter 80 lits, dont 14 pour des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer. Le programme prévoit aussi un accueil de jour, un pôle d’activités et de soins adaptés, un service d’aide à domicile, des espaces logistiques et plusieurs lieux tournés vers le quartier: salle d’activité, salon de coiffure, espace de coworking. Autrement dit, pas seulement des chambres neuves, mais une organisation plus complète autour du grand âge.

L’enjeu est aussi très local. La Filandière avait expliqué en 2023 que Béthel, repris après une gestion par le CHU de Rouen, constituait la seule offre d’Ehpad public sur le plateau nord. Le bâtiment actuel, vieillissant, devait être reconstruit sur le terrain voisin. Avec les marchés de travaux désormais lancés, le projet sort du principe général pour entrer dans les choix matériels: démolition, désamiantage, gros œuvre, menuiseries, cuisine, signalétique, rails lève-malades.

Pour les entreprises du bâtiment, le vieillissement de la population n’est donc pas seulement une courbe de l’Insee. C’est aussi une commande publique, avec des lots, des délais et des métiers. La date limite de remise des offres est fixée au 10 juillet 2026 pour les travaux. Un marché séparé concerne les assurances de construction.

L’agence Adquatio, chargée du projet architectural, annonce une opération d’environ 6 000 m² de surface de plancher, pour un coût de 13,1 millions d’euros hors taxes, avec une livraison prévue en 2029. Les chambres sont décrites à 23 m², avec balcon. Le projet prévoit aussi un jardin protégé à l’arrière et une placette semi-publique côté rue Boucicaut.

Ces éléments peuvent sembler modestes vus de loin. Dans un Ehpad, ils ne le sont pas. Un jardin facile d’accès, une chambre moins contrainte ou un espace commun bien placé changent vite la journée des résidents, des proches et des équipes. Le bâtiment finit par peser sur le soin, même lorsqu’il ne soigne personne directement.

Béthel arrive aussi dans un département qui vieillit. En Seine-Maritime, les personnes de 60 ans et plus représentaient 26,6 % de la population en 2020, selon l’Insee. Elles pourraient en représenter 33 % en 2050. Le nombre de seniors en perte d’autonomie pourrait augmenter de 16 % d’ici 2030. La plupart vieilliront chez eux, mais les Ehpad publics restent une pièce sensible de l’offre locale, surtout lorsqu’ils sont rares sur un secteur.

Après la restructuration des urgences de Dieppe, Béthel montre un autre versant de l’adaptation sanitaire et médico-sociale: moins spectaculaire, plus quotidien, mais tout aussi concret. À Mont-Saint-Aignan, le vieillissement se traduit maintenant en chambres, en jardin, en rails de soin et en appels d’offres. Pas très romanesque sur le papier, mais décisif quand on y vit, quand on y travaille ou quand on vient y voir quelqu’un.