
Le château-musée de Nemours ouvre dimanche 8 novembre une exposition consacrée à la peinture suédoise. Parmi les artistes présentés figure Carl Larsson, l’un des peintres les plus célèbres de Suède. Il doit pourtant une partie de son style et de son histoire personnelle à un village de Seine-et-Marne : Grez-sur-Loing.
En 1882, Larsson peine à faire reconnaître sa peinture à Paris. Son ami Karl Nordström l’invite à rejoindre une colonie d’artistes installée à Grez, au bord du Loing. Ce séjour va changer sa manière de travailler.
À Grez, un peintre suédois découvre l’aquarelle
Larsson cherchait à réussir avec de grandes peintures à l’huile. À Grez, il commence à privilégier l’aquarelle, la lumière naturelle et les scènes de la vie quotidienne. Son œuvre Le Fruit défendu, réalisée sur place en 1882, marque ce tournant.
La rivière, les jardins et les habitants qui acceptent de poser offrent aux peintres de nouveaux motifs. Le train permet de rejoindre Paris, tandis que les pensions Chevillon et Laurent accueillent des artistes venus de Suède, de Norvège, de Grande-Bretagne ou des États-Unis.
Parmi eux se trouve Karin Bergöö. Formée à l’Académie royale des beaux-arts de Stockholm puis à Paris, elle est venue à Grez pour peindre, elle aussi.
Carl et Karin se marient en Suède en 1883, puis reviennent à Grez. Leur première fille, Suzanne, y naît en août 1884. Une aquarelle de Larsson représente Karin sur les berges du Loing ; un pastel du Danois Peder Severin Krøyer montre le couple parmi d’autres artistes réunis autour d’une table.
La rencontre est aussi artistique. Les scènes familiales deviendront l’une des signatures de Carl Larsson. Karin, de son côté, développera une œuvre dans les textiles et l’aménagement intérieur. Ensemble, ils feront de leur maison de Sundborn, en Suède, une référence de l’art de vivre scandinave.
L’auberge des peintres accueille toujours des artistes
L’hôtel Chevillon, où Larsson avait installé son atelier, existe toujours.
Devenu vétuste, il est racheté à la fin des années 1980 grâce à une mobilisation suédoise, puis restauré. En 1994, il rouvre comme résidence d’artistes. Des peintres, écrivains, photographes et chercheurs y séjournent encore aujourd’hui.
L’ancien atelier de Larsson a été conservé. À Grez, la présence suédoise n’est donc pas seulement une histoire racontée sur des panneaux de musée : on vient toujours y travailler.
Au château de Nemours, quatre décennies de collection
L’exposition « Un château en Suède », visible jusqu’au 18 avril 2027, rassemble des œuvres issues d’une collection privée constituée depuis plus de quarante ans.
Le parcours explore la peinture suédoise de la fin du XIXe siècle aux années 1930. Aux côtés de Larsson figurent notamment Olle Hjortzberg et Arvid Johansson. Paysages, portraits, mobilier et objets décoratifs évoquent un intérieur suédois dans les salles du château médiéval.
Les liens avec la colonie de Grez-sur-Loing y occupent une place particulière, même si l’exposition embrasse une histoire artistique plus large que celle du village.
Le musée est ouvert du mercredi au samedi de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h, ainsi que le dimanche de 14 h à 18 h. Entrée à 6 €, tarif réduit à 4 €, gratuit pour les moins de 19 ans et le premier dimanche du mois. Les visiteurs peuvent réserver leurs billets pour l’exposition. Seul un tiers du château est accessible à la visite et le bâtiment n’est pas accessible en fauteuil roulant.
À quelques kilomètres de Nemours, Grez-sur-Loing conserve les lieux fréquentés par Larsson. Dans la rue qui porte son nom, l’ancien hôtel Chevillon abrite toujours des logements et des ateliers où des artistes viennent travailler.