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À Maisoncelles-en-Brie, les fausses rues de Paris vont avoir leurs vrais studios de cinéma

Sur une ancienne base de l’Otan, TSF construit douze plateaux près de son faux Paris, pour attirer en France des tournages nécessitant de grands décors.

Illustration de faux immeubles parisiens et studios

À Maisoncelles-en-Brie, on peut filmer Montmartre sans quitter la campagne. Des façades haussmanniennes, des toits en zinc, une bouche de métro : tout y est, sauf les Parisiens. Et désormais, à côté de ce faux Paris, de vrais studios de cinéma sortent de terre. TSF construit douze plateaux de tournage sur cette ancienne base de l’Otan, dont les cinq premiers sont attendus en mars 2027.

Le chantier avance. Le 20 octobre, le constructeur Briand annonçait l’élévation des premiers bâtiments, avant la pose des charpentes métalliques. L’objectif est d’accueillir en France des tournages qui, faute de grands décors adaptés, pouvaient partir à l’étranger.

Un Paris que les cinéastes peuvent transformer à volonté

Inauguré en octobre 2024, le décor extérieur de Maisoncelles-en-Brie occupe 1,5 hectare sur un site de 50 hectares. Ses 57 façades et 650 mètres de chaussées permettent de reconstituer différents quartiers parisiens, de Montmartre aux grands boulevards.

L’ensemble est conçu pour être transformé. Un hôtel particulier peut devenir une ambassade, une porte cochère l’entrée d’un ministère. Une façade peut recevoir une nouvelle enseigne, une rue changer d’époque. Les cinéastes peuvent y organiser des scènes nocturnes ou bruyantes sans bloquer la circulation dans la capitale ni perturber ses habitants.

Le lieu a déjà accueilli des tournages, dont une séquence de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 avec Zinédine Zidane.

Cette installation répond à un manque ancien. Thierry de Segonzac, fondateur de TSF, expliquait au Centre national du cinéma (CNC) en 2024 que, malgré les studios existants et les aides françaises à la production, des films nécessitant de grands décors extérieurs continuaient de partir tourner à l’étranger, notamment en Europe de l’Est.

La France disposait déjà de studios de tournage, mais beaucoup moins de ces rues permanentes, construites à taille réelle et réutilisables d’un film à l’autre.

Du décor extérieur à une fabrique de tournages

Les nouveaux plateaux doivent compléter ce dispositif. Une production pourra filmer une scène dans une rue parisienne reconstituée, puis passer à un intérieur aménagé sur place, sans transporter toute son équipe vers un autre studio.

Les douze plateaux prévus seront insonorisés, pour maîtriser les conditions de prise de son, et permettront de tourner indépendamment de la météo. Ils seront accompagnés d’ateliers de fabrication de décors, de zones de stockage, de loges et de bureaux. Une galerie couverte reliera les plateaux aux ateliers.

TSF, déjà spécialisé dans les caméras, l’éclairage et la machinerie, pourra également fournir les équipements de tournage sur place.

Les décors pourront être fabriqués, modifiés, entreposés et réutilisés à proximité immédiate des plateaux, évitant aux équipes certains transports et remontages entre lieux de tournage.

Pourquoi cette ancienne base militaire ?

Il fallait trouver assez d’espace pour construire des rues entières, suffisamment loin des nuisances urbaines pour maîtriser les tournages, mais assez près de Paris pour attirer ses équipes de production. L’ancien terrain militaire de Maisoncelles-en-Brie réunit ces conditions, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

L’investissement global était évalué à 98 millions d’euros dans les chiffres publiés par le CNC en 2024, dont 20 millions consacrés aux décors extérieurs. Le projet bénéficie du programme France 2030, qui soutient plusieurs nouveaux complexes de tournage afin d’accroître les capacités françaises et d’attirer les productions internationales.

Pour la Seine-et-Marne, cette activité mobilise aussi des métiers moins visibles que ceux des acteurs et des réalisateurs : menuisiers, peintres, sculpteurs, constructeurs de décors et techniciens de plateau.

Le décor parisien fonctionne déjà. La prochaine étape est fixée à mars 2027 : si le calendrier est tenu, les cinq premiers plateaux couverts permettront aux équipes de passer d’un boulevard reconstitué à une scène d’intérieur sans quitter le site.

Sources consultées
  1. Groupe BriandQuand plusieurs expertises construisent un même projet
  2. Groupe TSFUne nouvelle étape pour TSF Studios 77
  3. Groupe TSFStudios 77
  4. Centre national du cinéma et de l'image animéeRues de Paris : à la découverte du premier backlot de France
  5. Coulommiers Pays de Brie AgglomérationInstallation de studios de cinéma (TSF)