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À Blandy, le chat noir du Moyen Âge n'est pas tout à fait celui qu'on croit

Jusqu'au 1er novembre, le château de Blandy-les-Tours explore les superstitions médiévales : chats noirs, pain retourné et idées reçues.

Illustration - Chat noir et château médiéval

Au château de Blandy-les-Tours, en Seine-et-Marne, les chats noirs et le pain retourné sont soumis à l’examen des historiens. Jusqu’au 1er novembre, des visites de 45 minutes proposent de démêler les superstitions du Moyen Âge des légendes que nous lui avons attribuées depuis. Et certaines croyances ont un passé plus surprenant qu’il n’y paraît.

Prenons le chat noir. En 1233, à l’époque des premières fortifications de Blandy, le pape Grégoire IX publie la bulle Vox in Rama. Ce texte, dirigé contre des personnes accusées d’hérésie, décrit un prétendu rituel où apparaît un grand chat noir recevant des marques d’hommage. Le félin est donc déjà associé au diable dans certains textes religieux du Moyen Âge.

Mais cela ne signifie pas que croiser un chat noir portait alors malheur à tout le monde. La chercheuse Claudia Tassone, spécialiste de littérature médiévale, montre que l’association familière entre chats et sorcières s’est construite progressivement, notamment à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne. Les accusations d’hérésie ont précédé une bonne partie de notre imaginaire de la sorcellerie.

Le pain du bourreau, une belle histoire sans preuves solides

L’autre superstition évoquée à Blandy réserve une surprise différente. Pourquoi ne faudrait-il jamais poser le pain à l’envers ?

Selon une explication très répandue, les boulangers retournaient autrefois les miches réservées au bourreau, personnage redouté et rejeté par la société. Toucher son pain aurait porté malheur.

L’histoire est séduisante, mais les archives résistent. Comme le relève la Bibliothèque municipale de Lyon, l’historien Frédéric Armand n’a trouvé aucun document probant établissant cette pratique. La croyance s’est transmise jusqu’à nous, sans que son explication traditionnelle puisse être considérée comme démontrée.

Le château de Blandy a lui-même beaucoup changé d’allure. Agrandie au XIVe siècle, la forteresse fut transformée en ferme en 1707. On retira les toitures de ses tours et combla son fossé. Longtemps ruinée, elle ne retrouva son allure actuelle qu’après une importante restauration, achevée en 2007.

Trois dernières occasions de confronter les légendes à l’histoire

Les visites « Les superstitions au Moyen Âge » sont encore programmées les 28 et 30 octobre, puis le dimanche 1er novembre, à 15 h 45. Elles sont recommandées à partir de 12 ans et coûtent 2 € en supplément de l’entrée au château, fixée à 8 € au plein tarif et gratuite jusqu’à 25 ans inclus.

La programmation « Blandy des légendes » comprend également une chasse aux fantômes pour les enfants dès 5 ans, le 30 octobre à 14 heures, et une enquête criminelle fictive réservée aux adultes, le 28 octobre à 16 heures. La murder party nocturne « L’art de suspendre », distincte de ces animations, affiche en revanche complet.

La réservation est recommandée sur la billetterie officielle du château de Blandy ou au 01 60 59 17 80, sous réserve des places encore disponibles. Le château fermera à 17 heures le 30 octobre.

Dans les tours de Blandy, le chat noir aura au moins l’occasion de s’expliquer sur sa réputation.

Sources consultées
  1. Château de Blandy-les-ToursBlandy des légendes
  2. Claudia Tassone, Revue semestrielle de droit animalierChats, sorcières et Moyen Âge : sur les traces de l'origine d'un lien tant fictif que puissant
  3. Bibliothèque municipale de Lyon, Guichet du SavoirQuelle est l'origine de la superstition du pain posé à l'envers ?
  4. Château de Blandy-les-ToursL'histoire du Château
  5. Château de Blandy-les-ToursMurder Party - Complète
  6. Château de Blandy-les-ToursBilletterie en ligne