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À Meaux, un saint martyr inspire les rouges et les noirs de Silvère Jarrosson

Au musée Bossuet de Meaux, le Saint Sébastien de Coypel inspire les peintures de Silvère Jarrosson. L'artiste rencontre le public le 4 novembre à 15 h.

Illustration de peintures rouges et noires

Au musée Bossuet de Meaux, un tableau religieux du XVIIIe siècle a entraîné Silvère Jarrosson vers une expérience picturale inattendue. En travaillant autour du Saint Sébastien de Charles-Antoine Coypel, le peintre abstrait s’est aventuré dans des rouges de plus en plus sombres, jusqu’à y découvrir des profondeurs presque noires. Le mercredi 4 novembre, il viendra raconter au public comment cette œuvre ancienne a nourri ses recherches.

L’exposition Rouge, ouverte depuis le 10 octobre, réunit dans la chapelle haute de l’ancien palais épiscopal des peintures spécialement conçues pour ce lieu. Elles côtoient le Saint Sébastien de Coypel, issu des collections du musée. Jarrosson s’est inspiré de cette représentation religieuse du martyr sans chercher à reproduire le personnage.

Quand le rouge rencontre le noir

Dans un entretien accordé au podcast Michel à tâtons, publié le 24 septembre, l’artiste raconte combien cette commande l’a conduit en terrain inconnu.

Le martyre de saint Sébastien était pour lui un sujet encore peu exploré. Dans son atelier de Vitry-sur-Seine, il a commencé à travailler des surfaces sombres, des rouges terreux, parfois saturés, et de grandes zones noires.

« Le rouge faisait naturellement alliance avec le noir », explique-t-il. À mesure que les tableaux prenaient forme, il avait l’impression de voir apparaître des gouffres à leur surface. Il compare son travail à une progression à tâtons dans une grotte, où l’obscurité oblige à chercher la lumière.

Le tableau de Coypel lui a ainsi donné un point de départ. Plutôt que de peindre à nouveau le corps du martyr, Jarrosson a exploré la couleur et ses profondeurs, jusqu’à faire surgir ces zones noires inattendues.

Un corps de danseur, un regard de biologiste

Formé à l’école de danse de l’Opéra national de Paris, Silvère Jarrosson a dû abandonner son projet de carrière après une blessure, à 18 ans. Il s’est découvert peintre peu après, tout en poursuivant des études de biologie.

Sa peinture fait appel au geste et à l’observation. Il utilise les mouvements de son corps pour travailler la matière, provoquer des plis et des coulures. Puis il observe les réactions de la peinture, les rencontres entre pigments, les formes qui apparaissent parfois sans avoir été précisément dessinées.

Sa formation scientifique l’a notamment conduit à étudier la morphogenèse, les mécanismes par lesquels les formes du vivant se constituent. Dans son atelier, il s’intéresse lui aussi à l’apparition des formes : laisser couler une couleur, en introduire une autre, observer leur rencontre.

À Meaux, cette méthode prend pour point de départ une œuvre des collections permanentes. Le tableau ancien inspire ainsi des créations nouvelles, réalisées spécialement pour la chapelle du musée.

Rencontrer l’artiste le 4 novembre

Silvère Jarrosson présentera son travail lors d’une visite-conférence le mercredi 4 novembre à 15 h. La rencontre, d’une durée de 45 minutes, comprendra le commentaire d’une œuvre choisie par l’artiste.

Le rendez-vous est fixé à l’entrée du musée Bossuet, 5 place Charles-de-Gaulle, à Meaux. Le tarif plein est de 7,50 €, entrée au musée comprise, avec des tarifs réduits à 6,50 € et 2,50 €. Renseignements au 01 83 69 04 90.

L’exposition se poursuit jusqu’au 31 janvier 2027, dans la chapelle haute, où le Saint Sébastien de Coypel côtoie les toiles de Jarrosson.

Sources consultées
  1. Musée BossuetRouge : Silvère Jarrosson, autour du martyre de Saint Sébastien
  2. Michel à tâtons, Michel Peretti#7 - Silvère Jarrosson, peintre : « La peinture acrylique est une garce »
  3. Silvère JarrossonDémarche artistique
  4. Musée BossuetLes Collections
  5. Ville de MeauxVisite-conférence : Rencontre avec l'artiste Silvère Jarrosson