
La maternité de la clinique de Tournan-en-Brie ferme définitivement ce vendredi 23 octobre. Elle n’assure plus d’accouchements depuis le 17 octobre, après les dernières admissions du 16. C’était la dernière maternité privée de Seine-et-Marne. Elle avait encore accueilli 345 naissances en 2025.
Sa fermeture tient à une autre réalité : entre 2016 et 2025, la maternité a perdu plus de la moitié de son activité. Les naissances sont passées de 772 à 345, soit une chute de 55 %. Dans le même temps, les naissances domiciliées en Seine-et-Marne n’ont diminué que de 12 %, selon l’Insee.
La baisse de la natalité ne suffit donc pas à expliquer le décrochage de Tournan. Mais elle accentue les difficultés d’une activité hospitalière qui doit fonctionner jour et nuit, même lorsque les accouchements se raréfient.
Pourquoi fermer avec encore 345 naissances ?
Le Code de la santé publique fixe à 300 accouchements par an le minimum habituellement exigé pour obtenir ou renouveler une autorisation d’obstétrique. Ce seuil porte sur les accouchements, et non sur le nombre de bébés nés, qui peut être supérieur en cas de naissances multiples. Il ne constitue pas non plus un seuil de rentabilité, encore moins une obligation de maintenir un service ouvert.
Même avec moins d’une naissance par jour en moyenne, une maternité doit assurer la présence permanente d’une sage-femme, une couverture soignante et la disponibilité de spécialistes, notamment obstétriciens, anesthésistes et pédiatres, capables d’intervenir en urgence. Ces obligations restent en place indépendamment du nombre de bébés qui naissent.
Le groupe privé Saint-Gatien invoque une activité devenue insuffisante pour poursuivre l’exploitation du service. La diminution des accouchements est incontestable, mais le coût précis du maintien de la maternité n’a pas été rendu public.
La fermeture a été contestée par plusieurs élus. En septembre, la sénatrice de Seine-et-Marne Marianne Margaté a notamment demandé au gouvernement d’étudier un financement spécifique ou une coopération entre établissements publics et privés pour préserver la maternité.
Une maternité à cinq minutes de la gare
Cette proximité avait une particularité à Tournan. La clinique se trouve à environ cinq minutes à pied de la gare, terminus du RER E. Depuis Gretz-Armainvilliers, Ozoir-la-Ferrière ou Roissy-en-Brie, les familles pouvaient la rejoindre en train sans correspondance.
Pour les habitants sans voiture, cette accessibilité comptait autant que la distance kilométrique. Sa disparition oblige désormais à organiser autrement les déplacements liés à l’accouchement.
Le Grand Hôpital de l’Est Francilien (GHEF) dispose notamment de maternités à Jossigny, de niveau 2B, à Coulommiers, de niveau 2A, et à Meaux, de niveau 3. Ces établissements offrent différents niveaux de soins aux nouveau-nés, notamment lorsqu’une surveillance spécialisée ou une réanimation néonatale est nécessaire.
Ils permettent de prendre en charge les grossesses selon leurs besoins médicaux, sans constituer les seules destinations possibles pour les anciennes patientes de Tournan. Ils ne remplacent cependant pas à l’identique l’accessibilité de la maternité disparue.
Où doivent aller les futures mères ?
La clinique affirme avoir contacté individuellement toutes les patientes dont l’accouchement était prévu après le 16 octobre, afin de les orienter vers une maternité de leur choix et de leur transmettre leur dossier obstétrical.
Les femmes qui n’ont pas été contactées peuvent joindre la direction des soins au 01 86 86 86 42 ou écrire à contact-cdt@groupesaintgatien.com.
En cas de contractions, de perte des eaux, de saignements, de douleurs inhabituelles ou de diminution des mouvements du bébé, la consigne est de ne pas se rendre à l’ancienne maternité de Tournan. Il faut appeler le 15 ou rejoindre la maternité dans laquelle on est inscrite.
Le reste de la clinique demeure ouvert, notamment ses urgences médico-chirurgicales, ses consultations de gynécologie, sa chirurgie gynécologique et ses IVG. Le suivi des grossesses doit également se poursuivre, selon le groupe.
À Tournan, les femmes pourront donc encore consulter pour leur grossesse. Mais pour mettre leur enfant au monde, elles devront désormais se rendre dans une autre maternité.
Sources consultées
- Clinique de TournanMaternité : plus aucun accouchement à la Clinique de Tournan à compter du 18 octobre 2026
- InseeDossier complet, département de Seine-et-Marne
- LégifranceCode de la santé publique, article R6123-50
- LégifranceCode de la santé publique, articles D6124-44 et D6124-46
- SénatArrêt de l'activité obstétricale à la clinique de Tournan-en-Brie, question écrite n° 09975
- Grand Hôpital de l'Est FrancilienGynécologie - Obstétrique