
À Melun et Vaux-le-Pénil, un réseau de chaleur lancé en 1969 va renouveler une partie de ses installations. Le système géothermique des deux communes doit remplacer un puits arrivé en fin de vie et étendre son réseau de distribution. Le 6 octobre, l’Ademe a validé une aide de 20 millions d’euros pour accompagner ce programme.
Le chantier prévoit le forage d’un nouveau puits de géothermie profonde de 11,2 MW, associé à des pompes à chaleur d’une puissance de 13,2 MW. Le réseau doit également gagner 15,7 kilomètres de canalisations. À terme, le projet vise une production attendue de 112 GWh de chaleur renouvelable par an.
L’intérêt de cette opération tient à une réalité souvent invisible : même une énergie renouvelable repose sur des équipements qui vieillissent. Un réseau de chaleur fonctionne comme une infrastructure de long terme. Les ouvrages de production, les canalisations et les points de raccordement doivent être entretenus, remplacés et adaptés aux besoins du territoire.
Melun fait partie des territoires pionniers de la géothermie urbaine en France. Depuis 1969, la chaleur extraite du sous-sol alimente un réseau collectif. Le projet actuel prolonge donc une histoire locale commencée avant les politiques actuelles de décarbonation.
Le choix est de conserver cette infrastructure existante et sa ressource locale plutôt que de changer complètement de modèle de chauffage. Les sources disponibles ne détaillent pas d’étude publique comparant plusieurs scénarios techniques, mais le programme présenté repose sur la continuité d’un réseau déjà exploité depuis plusieurs décennies.
Cette modernisation doit aussi permettre d’élargir le nombre de bâtiments raccordés. Le programme présenté par la ville de Melun prévoit notamment 118 nouvelles sous-stations et une extension du réseau vers de nouveaux secteurs. Le calendrier détaillé des raccordements n’est toutefois pas encore précisé.
Le cas de Melun montre une étape moins visible de la transition énergétique : après avoir construit des réseaux renouvelables, les territoires doivent aussi les maintenir dans la durée. Ici, l’objectif est de prolonger le fonctionnement d’un équipement qui chauffe déjà une partie de Melun et de Vaux-le-Pénil depuis 57 ans.