
Un papillon sur une bande de tissu. C’est l’une des traces de Marie-Antoinette que le château de Fontainebleau présente dans sa nouvelle exposition, ouverte ce dimanche 11 octobre. Plus de 120 œuvres, prêtées par une vingtaine d’institutions françaises et étrangères, rejoignent les appartements où la reine et Louis XVI ont séjourné jusqu’en 1786.
L’exposition, intitulée « Marie-Antoinette et Louis XVI à Fontainebleau. Splendeur et douceur de vivre », rapproche ces œuvres des pièces où vivaient les souverains. Les objets prêtés retrouvent, pour quelques mois, le contexte des appartements historiques.
Un papillon rescapé de la chambre royale
Le lé de tissu annoncé parmi les œuvres exposées est le seul conservé de la chambre de la reine avant la Révolution. Cette largeur d’étoffe porte un motif de papillon. Un témoin précieux pour retrouver les couleurs et les goûts d’une pièce dont le décor a plusieurs fois changé.
Car la chambre visible aujourd’hui raconte aussi ce que Marie-Antoinette n’a jamais connu.
Une autre étoffe en témoigne : la reine avait commandé une somptueuse soierie lyonnaise qui ne fut installée que sous l’impératrice Joséphine. Le tissu qui orne aujourd’hui la chambre en est une reproduction retissée en 1986. Même histoire pour le grand lit réalisé en 1787 par le menuisier Jean-Baptiste-Claude Sené : destiné à Marie-Antoinette, il ne fut jamais utilisé par elle. Joséphine y dormit la première, sous l’Empire.
Le dernier séjour de la reine remontait à 1786. Certains meubles et décors commandés pour les souverains furent pourtant achevés après cette date.
L’exposition replace ces objets dans une vie de cour qui ne se résumait pas aux cérémonies officielles. Le buste de Marie-Antoinette sculpté en 1783 par Félix Lecomte, prêté par Versailles, figure parmi les œuvres présentées. Portraits, dessins et objets d’art témoignent également de la place des spectacles et de la musique dans les soirées royales.
Sept séjours et des meubles livrés jusqu’en 1791
Entre 1774 et 1786, Marie-Antoinette et Louis XVI effectuent sept voyages à Fontainebleau en tant que souverains, principalement à l’automne. La reine y joue au loto, au brelan ou au trictrac dans son salon des Jeux. Elle fait aménager le boudoir Turc en 1777, puis le boudoir d’Argent en 1786, où l’ébéniste Jean-Henri Riesener livre un secrétaire et une table à ouvrage plaqués de nacre.
Pendant ce temps, Louis XVI fait agrandir ses propres appartements. Cabinet de travail, bibliothèque, cabinet à la poudre et salle des Buffets témoignent d’un palais où l’on gouverne autant qu’on se divertit. Le roi y tient conseil et reçoit des ambassadeurs.
Les livraisons de mobilier destiné à ses nouveaux appartements se poursuivent jusqu’en 1791, cinq ans après son dernier séjour et deux ans après le début de la Révolution.
Dans ces appartements, certains meubles ont servi à leurs commanditaires. D’autres ont été achevés après leur dernière visite.
Le château avait entrepris dès le printemps 2026 de remeubler plusieurs appartements dans leur état de la fin de l’Ancien Régime. Le salon des Jeux a notamment retrouvé son paravent à six feuilles, orné de satin peint de bouquets de fleurs, restauré en 2025. Ces restitutions sont distinctes de l’exposition temporaire qui ouvre aujourd’hui.
Celle-ci ajoute les prêts de musées et de collections à la visite des salles historiques. Le parcours passe par la salle de la Belle Cheminée et les Grands Appartements. Les boudoirs d’Argent et Turc se découvrent également lors de visites guidées spécifiques.
Visiter l’exposition
L’exposition est ouverte jusqu’au 25 janvier 2027. Elle est comprise dans le billet habituel du château : 17 € en plein tarif, 15 € en tarif réduit, avec notamment la gratuité pour les moins de 18 ans et les 18-25 ans ressortissants de l’Union européenne, sur justificatif.
Le château accueille les visiteurs de 9 h 30 à 17 h, sauf le mardi, avec un dernier accès à 16 h 15. Les billets sont disponibles sur la billetterie officielle du château de Fontainebleau.
Les appartements de Marie-Antoinette resteront après le 25 janvier. Le tissu au papillon, lui, fait partie des objets réunis pour quelques mois seulement, une trace de la chambre royale telle qu’elle existait avant la Révolution.
Sources consultées
- GrandPalaisRmnMarie-Antoinette et Louis XVI à Fontainebleau. Splendeur et douceur de vivre
- Château de FontainebleauMarie-Antoinette et Louis XVI vous ouvrent grand les portes, dossier de presse 2026
- Château de Fontainebleau, collections FOLIAMarie-Antoinette (reine de France)
- Château de Fontainebleau, collections FOLIALouis XVI (roi de France)
- Château de FontainebleauBilletterie officielle