
À Ferrières-en-Brie, une nouvelle association s’est donné une mission précise : promouvoir « l’utilisation préférentielle des nombres pairs » dans la vie quotidienne, administrative, culturelle et sociale, et sensibiliser le public aux « inconvénients liés à l’usage des nombres impairs ».
L’Association pour la défense des nombres pairs, ou ADNP, n’est pas une invention. Déclarée le 27 septembre, elle figure au Répertoire national des associations sous le numéro W771023599 et a son siège dans la commune seine-et-marnaise.
Pascal Schulze, qui a annoncé publiquement la création de l’ADNP le 6 octobre, revendique pleinement l’absurde. « Les nombres impairs, c’est le début de l’anarchie », écrit-il, avant de dérouler sa doctrine : pourquoi accepter 3 quand 4 existe, ou 7 lorsque 8 peut lui succéder ? Deux pieds et deux jambes seraient le socle de la stabilité. À l’inverse, cinq personnes à table, sept jours dans une semaine ou onze joueurs au football deviennent autant de motifs de suspicion.
L’association assume surtout son inutilité. Schulze explique vouloir délaisser un instant « les grandes questions de notre époque » pour s’occuper sérieusement de problèmes qui n’en sont pas. Ce n’est pas son premier passage par la vie associative : il rappelle avoir auparavant cofondé l’ANISP Infirmiers Sapeurs-Pompiers, puis Rescape Game.
Cette fois, l’inspiration revendiquée vient de Pierre Dac. Schulze invite à relire L’Os à moelle, l’hebdomadaire lancé en 1938 par l’humoriste et présenté comme « l’organe officiel des loufoques ».
L’ADNP n’annonce pour l’instant ni campagne ni rendez-vous public. Elle a déjà, en revanche, franchi une étape essentielle pour toute cause qui entend durer : à Ferrières-en-Brie, la défense des nombres pairs a désormais ses statuts.