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Inondations : en Seine-et-Marne, la carte de l’eau compte plus que celle du département

Après une année 2025 bien moins pluvieuse, six programmes de prévention restaient actifs. Le Loing montre pourquoi les crues se gèrent par bassin.

Illustration - Prévention des crues en Seine-et-Marne

En 2025, il est tombé près de 600 mm de pluie à Melun-Villaroche, contre environ 1 000 mm l’année précédente. Le cumul est le plus faible observé à cette station entre 2021 et 2025. Dans le même temps, trois programmes d’actions de prévention des inondations et trois programmes d’études préalables étaient actifs en Seine-et-Marne. Une année moins arrosée n’a donc pas mis la prévention en sommeil.

La raison apparaît sur la carte : une inondation se prépare rarement à l’échelle d’une commune, et parfois même pas à celle d’un département. Le bassin du Loing, par exemple, s’étend sur 4 182 km², de l’Yonne jusqu’à Saint-Mammès. Il traverse trois régions et quatre départements. Entre Montargis et Saint-Mammès, Seine Grands Lacs compte 21 226 habitants et 7 866 emplois directement exposés au risque d’inondation. Les débits venus de l’amont peuvent donc contribuer aux crues à Nemours, Souppes-sur-Loing ou Moret-Loing-et-Orvanne.

Le Loing montre aussi combien ce travail est lent. Après les crues exceptionnelles de 2016, un premier programme a surtout servi à comprendre le bassin, organiser les acteurs, améliorer la surveillance et préparer les interventions. Sur ses 42 actions, 39 ont été achevées ou étaient en cours d’achèvement. Le programme suivant a été officiellement labellisé le 26 novembre 2025 : 94 actions, 23 maîtres d’ouvrage et un budget estimé à 22 millions d’euros sur six ans. Le nouveau programme doit maintenant traduire ce diagnostic en aménagements, adaptations et préparation de crise.

Cette réduction ne consiste pas à construire partout des digues. Le programme du Loing prévoit aussi de préserver ou restaurer des zones d’expansion des crues, d’adapter les bâtiments et réseaux exposés, d’intégrer davantage le risque dans l’urbanisme, de préparer les plans de crise et d’étudier des ouvrages de ralentissement de l’eau. Les PAPI peuvent ainsi combiner urbanisme, adaptation des bâtiments, préparation de crise, zones d’expansion des crues et ouvrages hydrauliques : réduire l’exposition future fait partie du dispositif au même titre que protéger l’existant.

En Seine-et-Marne, ces choix prennent déjà des formes très différentes selon les vallées. Une zone d’expansion de crue a été achevée à Ozoir-la-Ferrière en 2025. À Melun, des études ont été lancées au parc Spelthorne et au verger des Carmes pour des aménagements fondés sur la nature et des zones où l’eau pourrait s’étendre. Sur le Grand Morin, quatre nouvelles maîtrises d’œuvre ont été engagées pour combiner atténuation des inondations et restauration de la rivière.

Le système reste à des stades très inégaux. Le Loing entre dans un programme opérationnel de six ans quand, sur les Deux Morin, le prochain PAPI est encore en construction. Le label PAPI permet par ailleurs de demander des subventions de l’État au titre du fonds Barnier, sans transformer chaque action inscrite au programme en financement automatique.

Entre 2024 et 2025, le cumul de pluie a fortement baissé, mais le calendrier de la prévention s’étend sur plusieurs années. Les pluies changent d’une année à l’autre ; les vallées, les bâtiments exposés et les chemins empruntés par l’eau restent. À Ozoir-la-Ferrière, une zone d’expansion est déjà achevée. À Melun, deux autres sites sont encore à l’étude. C’est à cette échelle, parcelle après parcelle et bassin après bassin, que se prépare la prochaine crue.

Sources consultées
  1. Département de Seine-et-Marne, Observatoire de l’eauPrévention des inondations - Édition 2026
  2. Seine Grands LacsPAPI du Loing
  3. Ministère de la Transition écologiquePrévention des inondations