
La Région Île-de-France a accordé le 24 septembre 450 000 € au SDIS 77 pour financer quatre véhicules : un véhicule de soutien, un porte-cellule et deux camions-citernes feux de forêt moyens, les CCFM. Présentée après l’incendie de Fontainebleau, l’aide accompagne pourtant un renouvellement engagé bien avant l’été.
Les deux CCFM figuraient déjà dans le plan d’équipement 2024-2026 adopté fin 2023, pour une dépense alors estimée à 653 456 €. Le plan suivant les maintenait pour 2026, à 607 803 €, avec également un véhicule porte-cellule estimé à 210 120 €. Le conseil d’administration du SDIS avait encore approuvé en avril 2026, trois mois avant les incendies, son nouveau programme d’équipement et le lancement des marchés associés. Les 450 000 € régionaux ne correspondent donc pas au prix des quatre véhicules et ne marquent pas, à eux seuls, la naissance d’une nouvelle politique après Fontainebleau.
Ce que l’été a changé, c’est l’échelle à laquelle le SDIS doit désormais penser le risque. Dans son schéma des risques adopté en 2022, le service travaillait sur un « scénario majorant feux de forêt » comprenant une surface théorique de 100 hectares, un front de 600 à 800 mètres et environ quinze groupes d’intervention feux de forêt. Le même document recensait, sur la base des données de 2021, 39 camions-citernes forestiers et un camion-citerne forestier super. Il signalait déjà un risque en « augmentation nette » et une saison susceptible de s’étendre d’avril à novembre.
En juillet, les incendies de Fontainebleau et des Trois-Pignons ont touché 1 960 hectares. Plus de 1 000 intervenants ont été mobilisés, avec des moyens aériens que l’ONF qualifie d’inédits pour l’Île-de-France. Le scénario de 100 hectares et les 1 960 hectares touchés ne mesurent pas exactement la même chose : le premier sert à construire une réponse opérationnelle, le second décrit l’étendue d’un événement réel, sur plusieurs jours. L’écart montre néanmoins pourquoi deux CCFM jusque-là inscrits dans une programmation de matériel prennent désormais une autre importance.
En avril 2026, l’État avait déjà ajouté plusieurs secteurs seine-et-marnais, dont Fontainebleau, les Trois-Pignons, la Commanderie et Nemours-Poligny, à la liste des bois et forêts exposés au risque d’incendie. La préparation ne repose pas seulement sur des véhicules : elle combine matériel local, personnels spécialisés, renforts d’autres SDIS, moyens nationaux et gestion forestière.
Les documents publics consultés ne permettent pas de déterminer si les deux CCFM financés cette semaine augmenteront le nombre total d’engins ou remplaceront des véhicules plus anciens. Cette distinction compte pour mesurer le gain réel de capacité. Après Fontainebleau, c’est désormais ce que l’arrivée de ces deux camions devra permettre de mesurer en Seine-et-Marne : un renforcement du parc ou son renouvellement face à un risque dont l’échelle a changé.
Sources consultées
- Région Île-de-FranceFace à l’intensification des feux et des risques climatiques, la Région Île-de-France investit 2,5 millions d’euros pour renforcer les équipements de la BSPP et des SDIS franciliens
- SDIS 77Plan pluriannuel d’équipement 2025-2027
- SDIS 77Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques 2022
- Office national des forêtsIncendie du massif forestier de Fontainebleau, faisons le point
- LégifranceArrêté du 13 avril 2026 modifiant le classement des bois et forêts exposés au risque d’incendie