
La création « Marbeau », mise en scène par Thierry Dupin, réunit ce week-end environ 70 bénévoles sur le parvis de la cathédrale Saint-Étienne pour faire réapparaître un Meaux méconnaissable : celui de septembre 1914, presque vidé de ses habitants à l’approche des combats. Une représentation est annoncée dimanche 20 septembre à 17 heures, pendant trente minutes et en accès libre.
Le lieu est celui même où une partie de cette histoire s’est jouée. Le 3 septembre 1914, après le départ du dernier train et alors que l’armée allemande approche, Meaux ne compte plus qu’environ 2 000 habitants sur 14 000. L’eau, le gaz et plusieurs services de la ville ne fonctionnent plus normalement. Emmanuel Marbeau, évêque de Meaux, reste sur place.
L’image commode de « l’évêque qui a sauvé Meaux » masque toutefois une organisation collective. Le 4 septembre, Marbeau réunit un comité dont la présidence revient à l’un de ses vicaires, Mgr Laveille. Il faut trouver et distribuer des vivres, assurer des rondes et bientôt accueillir les blessés. L’abbé Engelmann part même à vélo vers Paris chercher médecins et pharmaciens. Derrière Marbeau apparaît une ville réduite à quelques milliers de personnes qui improvise ses services élémentaires avec ceux qui sont encore là.
Cent douze ans plus tard, des dizaines de bénévoles consacrent leur week-end à remettre en scène des civils, des religieux et des soldats de 1914. À Meaux, cette histoire incarnée ne se limite pas aux Journées du patrimoine. La Société des Amis du Musée de la Grande Guerre rassemble plus de 250 membres, participe aux grands rendez-vous du musée, organise des visites des anciens champs de bataille et travaille avec des associations de reconstitution historique. Quelques jours avant « Marbeau », 300 reconstituteurs avaient participé au week-end de reconstitution du Musée de la Grande Guerre.
Le spectacle trouve ainsi sa place dans un week-end patrimonial qui ouvre des centaines de lieux en Île-de-France, mais raconte quelque chose de particulièrement meldois. Ici, la Première Guerre mondiale n’est pas seulement une collection ou une date commémorative : des habitants continuent d’en explorer les lieux et les récits pour les transmettre à d’autres habitants.
Dimanche à 17 heures, ils reprendront donc place devant Saint-Étienne. Pendant une demi-heure, le parvis fera de nouveau surgir le Meaux de septembre 1914, alors réduit à environ 2 000 habitants.
Sources consultées
- Meaux Marne Ourcq TourismeSpectacle « Marbeau »
- Archives départementales de Seine-et-MarneL'évêque de la bataille de la Marne : Monseigneur Marbeau (1844-1921)
- Société des Amis du Musée de la Grande GuerreMonseigneur Marbeau sauve Meaux du chaos
- Musée de la Grande GuerreSoutenir le Musée de la Grande Guerre