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À Gressy, la ferme robotisée veut employer 25 maraîchers

Le projet de Gressy prévoit 35 emplois, dont 25 maraîchers, dans une ferme bio où des portiques robotisés doivent semer, planter et désherber.

Illustration - ferme maraîchère robotisée à Gressy

À Gressy, la « ferme robotisée » en projet ne ressemble pas à une exploitation vidée de ses agriculteurs. Le registre de l’enquête publique annonce 35 emplois, dont 25 maraîchers. En janvier, la commune présentait une ferme implantée dans le champ qui borde la RD212 en direction de Claye-Souilly, avec 10 hectares de serres non chauffées et près de 50 variétés de légumes.

La particularité est dans la manière de cultiver ces hectares. Le système développé par NeoFarm, devenu Les Fermes Debout, utilise des portiques qui circulent sur des rails au-dessus des planches. En changeant d’outil, ils peuvent préparer le sol, semer, planter des mottes ou désherber mécaniquement. Un logiciel organise les cultures et les interventions. Les maraîchers restent chargés notamment du suivi des plantes et des récoltes.

Cette robotisation répond à une difficulté assez spécifique au maraîchage biologique diversifié. Cultiver des dizaines de légumes impose beaucoup d’opérations différentes, souvent répétitives et physiquement pénibles, là où les grandes cultures ont depuis longtemps mécanisé une large part du travail. Le choix de rails fixes permet ici de mécaniser les gestes sur les planches sans transformer le système en tracteur autonome parcourant librement les champs.

Avant ce changement d’échelle, NeoFarm déclarait trois sites de production opérationnels totalisant 120 tonnes de légumes par an. Le saut suivant est beaucoup plus grand : sa ferme de Lisses, dans l’Essonne, a ouvert au printemps 2026 selon l’entreprise et vise désormais plus de 1 000 tonnes par an sur une parcelle d’environ 30 hectares. Plus de 30 millions d’euros, mêlant fonds propres, France 2030 et dette bancaire, ont été mobilisés pour développer ce modèle.

Gressy doit permettre de vérifier si cette architecture peut être reproduite sur un autre site, avec 25 maraîchers, de grandes surfaces sous serre et une production très diversifiée. Les sites pilotes ont permis à l’entreprise d’exploiter son système robotisé en production ; Lisses en teste depuis cette année une version beaucoup plus vaste. Le registre présente Gressy comme une nouvelle implantation de ce même modèle.

Il manque encore une donnée décisive pour parler de modèle éprouvé : aucun résultat indépendant publié ne permet d’établir aujourd’hui les rendements et l’économie réelle de Lisses à pleine capacité. Gressy est donc moins une nouvelle invention qu’une tentative de transformer plusieurs années de robotique agricole en un système de ferme reproductible.

L’enquête publique porte sur la demande de permis de construire. L’avis légal fixe sa clôture au 6 octobre 2026 à 18 heures, malgré le 14 octobre encore affiché sur certaines pages du registre. Jusqu’à cette échéance, chacun peut déposer une observation sur le registre numérique. Si le projet est autorisé, Gressy permettra de mesurer si l’organisation déjà déployée à Lisses peut être reproduite sur une nouvelle ferme.

Sources consultées
  1. Mairie de Gressy / Registre NumériqueEnquête publique relative au projet de construction de serres agricoles pour une exploitation maraîchère en agriculture biologique sur la commune de Gressy
  2. Commune de GressyGressy Flash n°311, 31 janvier 2026
  3. NeoFarm / ADEME InvestissementNeoFarm sécurise plus de 30 millions d’euros pour déployer à grande échelle un modèle de production agricole innovant, bio et local
  4. Les Fermes DeboutVous avez dit « robot » ? Notre système robotique expliqué